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 #1478 + Remember Me. ► Weister

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Anders Weiss
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MessageSujet: Re: #1478 + Remember Me. ► Weister Dim 3 Jan 2016 - 1:49

Remember Me
anders et grace




Il se souvenait de tout.
À défaut de rester chez lui pendant les journées, à réfléchir, à ressaser ses souvenirs du passé, à chercher ses erreurs. Anders s'était passé en boucle les moments partagés avec Grace, comme le moment où il s'était fait kidnappé par sa meilleure amie pour faire les magasins et qu'il l'avait plantée avec pleins de sacs de courses. Il la regardait, le regard toujours brillant, il hocha silencieusement la tête : oui il se souvenait. Les mains de l'écrivain furent prises par celle de la journaliste qui lui expliqua la nécessité de continuer, de sourire. Sourire pour Samuel ? Si elle savait ... Il baissa son regard pour quelques secondes, il expira en la regardant et n'avait pas cet air convaincu. Il posa son pouce sur les doigts de Grace, caressant presque quand il le posa et se pinça la lèvre, pas sûr.

- Je ne sais pas Gracie. C'est ... Si lointain tout ça que ça me semble impossible, de savoir avancer. Ça fait des années que je suis resté coincé. Ce serait un combat difficile pour lui, pas impossible. Mais il avait peur et c'était tellement facile de se cacher derrière les rideaux...

Il les referma, c'était trop dérangeant de savoir la fenêtre ouverte. Il n'écouta pas Grace l'appeler, il ne répondit pas et l'ignora complètement. Cette fenêtre était restée ouverte depuis trop longtemps pour lui. C'était un progrès de l'avoir laissé ouvert et il ne pouvait pas faire plus aujourd'hui. Il ne voulait pas voir Elizabeth épier par cette fenêtre, il ne voulait pas voir ses voisins qui ne faisaient que répandre ces sales rumeurs. Grace vint à lui, lui prit à nouveau la main pour lui dire que tout le monde n'était pas comme il venait de décrire.

- Mais il y en a trop. Tu ne connais pas ces gens à Lewiston... répondit sèchement Weiss. Il ne savait pas depuis combien de temps elle était dans cette ville pour qu'elle fasse ce jugement.

Il serra un peu la main de Grace, cette main si douce. Anders n'avait pas eu de contact physique depuis longtemps, que c'était bizarre de sentir la chaleur de quelqu'un d'autre, de cette douceur... Il relâcha la prise, s'éloignant de nouveau pour aller chercher de quoi boire dans la cuisine.

Dans la cuisine, il avait récupéré des verres, une bouteille de whisky. Il était resté immobile un instant, les mains prenaient l'appui sur le comptoir. Il observa la pièce qui était bien rangée. La seule pièce qui faisait tout le contraste du reste de la maison.. Weiss soupira et se reprit, avant de retourner dans le salon : tout était réel. Grace avait perdu Jamie et Thomas. Pourquoi était-ce tout si compliqué d'un coup ...?

Il revint au salon, il déposa le tout après avoir débarassé le bordel de la table. Il posa la question plus trop sûr du jour mais ça n'avait pas sûrement son importance. C'était le 31 décembre 2015. Journée qu'Anders mémorisa dans le coin de sa tête, ses retrouvailles avec Grace. Une date à ne pas oublier... Elle posa la question s'il écrivait.

- Oui. À défaut de ne pas avoir de diplôme universitaire, j'essaye de vivre au mieux par l'écriture. répondit Weiss qui servait les verres J'écris occassionnellement pour le Lewiston Tribune quand ils en ont besoin... précisa-t-il.

Il ne précisa pas qu'il faisait des fois des boulots la nuit pour gagner de l'argent, pour vivre. C'était déjà très difficile pour vivre à deux où il devait être partout en même temps. Maintenant qu'il était seul, il n'avait plus trop l'intérêt à courir après l'argent et il avait énormément gagné avec son Best-Seller.

Il tendit le verre à Grace qui venait de s'installer sur le canapé après avoir fait un tour devant l'écran de l'ordinateur. Anders s'installa aussi sur le même canapé et soupira. Le coude sur le dossier, la main dans ses cheveux. Il tenait le verre de l'autre et tendit son verre pour trinquer et il répondit, sans un sourire.

- Qui ne se sont pas vus depuis ... Vingt-deux ans... Il grimaça face au temps qui avait fait ses ravages.

Il but son whisky et réfléchit à comment raconter tout ce qui s'était passé pendant vingt-deux ans. Ils avaient tellement de choses à se dire qu'Anders ne saurait pas par où commencer...

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Grace Foster
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MessageSujet: Re: #1478 + Remember Me. ► Weister Dim 3 Jan 2016 - 4:05

Remember Me.
anders et grace

Scepticisme.
Elle le lit dans les yeux d'Anders et à sa réponse. Il ne croyait pas cela possible. Elle non plus ne l'avait pas cru. Il lui avait fallu un temps considérable, plus d'une année, les suppliques d'un fils et d'un mari pour revenir à la raison. Il lui avait aussi fallu de l'espace et une psychanalyse inutile pour comprendre que ses souvenirs de Jamie se trouvaient détériorés par la dépression. Les mauvais souvenirs étaient les premiers à venir, les premiers auxquels elle pensait en se levant : les fois où elle l'avait disputé ou puni, les fois où elle l'avait laissé seul parce qu'elle avait autre chose à faire ou avait refusé de jouer avec son petit garçon. Tout cela ternissait la mémoire de Jamie. Il méritait mieux qu'une mère comme elle. Ça avait été sa dernière réflexion avant que Thomas ne lui fasse un discours bien plus clair et aimant que ce qu'elle venait de dire à Anders. Elle savait coucher les mots sur le papier mais avait du mal à les trouver lorsque cela touchait sa vie personnelle ou les sentiments. C'était s'ouvrir à Anders et lui montrer ce qu'était son univers.

- Je suis là. Fut tout ce qu'elle dit, ayant à son tour ces gestes affectueux que seules leurs mains voulaient bien faire à l'instant.

Il refusa la lumière et ferma le rideau. Il était évident que ce ne serait pas son intervention providentielle qui allait changer les choses immédiatement. Il lui avait fallu du temps à elle. Elle devait être patiente avec lui. Il méritait qu'elle prenne le temps d'être là pour lui comme elle venait de le lui dire. Grace s'approcha à nouveau de lui en lui prenant la main. Un geste d'affection autant que pour lui montrer qu'au moins elle, n'était pas ainsi. Il répondit sèchement et elle ne cilla pas. L'attaque n'était pas personnelle. Doucement, elle répliqua aussitôt.

- Non, c'est vrai. Mais je connais au moins une personne qui ne sera jamais comme ça. Riley. Et il n'est pas le seul. Il y a des gens bien sur cette Terre Andy. Bien sûr les idiots sont champions pour se faire remarquer mais tu n'es pas si seul que tu le crois, pas là-dessus.

Elle ne pouvait pas s'empêcher de se sentir rassurée de sa présence par ce simple contact. C'était lui certifier qu'il était présent, qu'elle était présente et que tous ces souvenirs n'étaient pas le fruit de son imagination, que lui aussi se souvenait de tout ce qui faisait leur amitié.

Quand il revint avec les verres, son oeil fut attiré par l'image fixe de l'écran et elle questionna bien obligatoirement. Premièrement par intérêt mais également parce que l'écriture était le premier remède, parce que l'écriture était quelque chose que Anders avait toujours su faire. A sa réponse, elle sourit. Il écrivait.

- J'ai cru remarquer ton style caractéristique au Lewiston Tribune. J'ai cru que je rêvais éveillée et puis j'ai appris que tu vivais ici. Et bien sûr elle avait posé des questions pour savoir qui semblait être Anders vingt ans après. C'est bien que tu écrives. Je pourrais lire ou tu préfères le garder pour toi tant que ce n'est pas fini ?

Elle était peut-être obstinée mais ne forçait pas la main pour autant. Si Anders ne voulait pas partager ses écrits, elle l'accepterait et prendrait son mal en patience.

Installés, ils trinquèrent et elle grimaça aux nombres d'années mentionnées.

- Ça ne nous rajeunit pas... Elle prit le temps d'une longue gorgée et continua : Et si nous fêtions ça à notre façon ? Une anecdote pour chaque année écoulée et pour chaque verre. Et si on ne sait pas en choisir une en particulier, l'autre aura un gage. Je sais c'est puéril mais eh, celui qui a osé dire que les rides rendaient sages s'est plutôt bien trompé !

Bien sûr, son visage était toujours rougi et elle pouvait pleurer à tout moment mais pourquoi passer la soirée à pleurer dans les bras d'Anders quand elle pouvait réapprendre à connaître son meilleur ami et tout savoir à nouveau.

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Anders Weiss
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MessageSujet: Re: #1478 + Remember Me. ► Weister Dim 3 Jan 2016 - 10:33

Remember Me
anders et grace





Anders se remémorait de mauvais souvenirs avec Samuel, parce qu'il cherchait à comprendre ce qui s'était réellement passé depuis.
Pourquoi s'était-il pendu ? Pourquoi était-il mort ? Comment il en avait pu arriver là ? Ça le rongeait, ça le faisait rester en arrière, toujours à cette même place et dans l'impossibilité d'avancer. C'était tellement dur qu'Anders ne se sentait pas capable de sourire et de passer à autre chose. Il espérait pour Grace que Jamie ne s'était pas pendu, il ne savait pas trop comment il était mort mais il préféra éviter de demander. Mais il espérait qu'il ne s'était pas pendu parce que c'était une des horribles choses que ça pouvait reprocher à un parent : voilà papa, je me suis pendu parce que j'ai décidé que c'était mieux ainsi.
Anders ne comprenait pas et il aurait ... presque préféré ne pas voir Samuel après sa disparition, pour ne pas ressentir cette joie de le retrouver, puis le perdre une seconde fois.
Je suis là, était-ce qu'avait dit Grace. Ces trois mots qui formaient la phrase ébranla Weiss qui n'en était plus du tout habitué. Il expira bruyamment et ferma les yeux pour ne pas pleurer. Il ne voulait pas repartir dans cette crise, il lui fallait penser à quelque chose d'autre.

Les rideaux. Il avait rompu le contact des mains pour les rideaux.
Anders refusait la lumière et Grace n'en disait rien. Elle le comprenait parce qu'elle était en train de vivre la perte de Jamie et ça semblait être des années. Avait-elle fait face aux gens qui s'amusaient à lancer des potins ? Non, si elle avait été dans une grande ville, elle avait de la chance. Elle avait eu son mari et Riley. Il n'avait eu personne jusqu'à l'arrivée de sa meilleure amie des anciens temps et qui le restait toujours ainsi. Elle disait que tout le monde n'était pas comme ça, elle pouvait l'affirmer avec conviction pour Riley et sûrement d'autres gens qui suivraient. Anders voyait le mal des gens partout, il avait du mal à leur faire confiance... Il ne répondit pas, il détourna le regard vers les rideaux fermés avec un soupir. Il demandait à voir, mais pour ça il devait accepter de faire l'effort et d'arrêter de repousser les gens.

L'écriture venait dans la conversation. Pour l'écrivain qu'il était, les mots étaient ses remèdes et il exprimait ce qu'il ressentait. Il n'avait pas tout écrit, mais le principal y était. Tout ce qu'il ressentait vraiment. L'écriture était sa seule compagnon qui lui donnait une petite raison de survivre à tout ceci. C'était un témoignage mélangé à de la fiction.
Dans son dernier livre, tout le monde avait compris que c'étaient des lettres qu'il aurait aimé envoyer à son fils qui devrait faire ses études maintenant, à l'âge qu'il devait avoir.

- Je ne veux pas être responsable de tes larmes encore une fois. répondit Anders qui craignait que ça ne fasse remuer le couteau dans la plaie fragile de Grace
C'est un témoignage, mêlé à de la fiction. Je raconte ce que ça fait de vivre la perte d'un fils. répondit avec une voix tremblante, il tenait bien la bouteille pour ne pas renverser le whisky partout. Ça coutait cher cette boisson.

Elle avait reconnu son style, après vingt ans elle ne l'avait pas oublié. Grace n'était pas quelqu'un qu'il oublierait facilement, il s'imaginait que ça devait être le même cas du côté de son amie. Ils s'étaient installés pour trinquer, boire un bon coup. Mais ils avaient tout les deux grimacé au nombre d'années, qui était énorme. Weiss avait du mal à se rendre compte. Il secoua la tête avec la même grimace, d'accord que ça ne les rajeunissait pas.
Après sa gorgée qui avait vidé le trois quart du verre, Anders écouta la proposition de Grace et lança un regard surpris et réfléchit...


- Comme au bon vieux temps.

Il se rappelait des soirées qu'ils avaient organisés et des jeux autour de l'alcool. Grace était celle qui en créait et ils ne s'étaient jamais ennuyés. Il était celui qui regrettait très souvent d'avoir accepté parce qu'elle était un diable à ces jeux-là... Maintenant ça avait changé, il tenait l'alcool mieux que quiconque, il le croyait.


- Ça marche. Je commence j'imagine...

Anders se gratta dans les cheveux, il réfléchit à quelle anecdote raconter. Le calcul mental n'était pas son fort qu'il en mettait du temps. Il avait ce regard lointain et soupira. Que s'était-il passé en 1993, en dehors de son départ furtif sans donner de nouvelles...

- 1993, je me suis marié, j'ai emménagé ici et on a rencontré une voisine, en 1479, en face de chez moi, paranoïaque qui nous avait pris pour des cambrioleurs et a appelé la police. On a été très bien accueilli.

Il n'avait pas vraiment sourit à cette anecdote qui pourtant était drôle. Ils n'avaient jamais pu s'entendre avec la voisine d'en face depuis, elle ne s'était même pas excusée et avait recommencé le même coup avec les autres nouveaux voisins à l'époque. Il finit son verre et observa Grace, dont c'était son tour de raconter.

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Grace Foster
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MessageSujet: Re: #1478 + Remember Me. ► Weister Dim 3 Jan 2016 - 12:27

Remember Me.
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L'écriture.
Un bienfait qu'avaient l'un et l'autre. Un exutoire nécessaire à leur vie d'adulte. Si Grace avait trouvé la plume comme moyen d'informer également, Anders s'en servait lui comme moyen d'extérioriser ses démons, de raconter sa vie. Elle avait lu son autre ouvrage, du moins, elle l'avait commencé. Ce n'était pas comme si elle avait appris la présence d'Anders il y avait des mois... Entre le nouveau travail et le reste, il lui restait peu de temps pour lire convenablement des ouvrages tels que celui de son ami. Mais elle s'y attelait.

A nouveau en le voyant à l'opposé de ce qu'elle avait pu connaître de lui, elle aurait voulu le prendre dans ses bras. Elle aurait souhaité le rassurer et chasser ce cauchemar. Et lui pensait à elle. Grace lui sourit avec douceur.

- Je veux te lire Andy. Peu importe que ce ne soit pas quelque chose qui me fasse rire. J'ai toujours aimé ton style et avoir l'impression de te connaître encore mieux quand tu couches sur papier ce que tu ressens. Tu ne serais responsable de rien sauf de me donner le sentiment d'être moins seule. Répliqua-t-elle lentement alors qu'il reposait la bouteille.

Elle finissait déjà son premier verre lorsqu'elle lui proposa de rattraper le temps par des anecdotes. Ça et l'alcool feraient peut-être disparaître un temps ce qu'elle n'avait pas su cacher à son meilleur ami, à peine retrouvé. Ils avaient pris, plus jeune, l'habitude de ces jeux qui les laissaient avec une migraine infernale le lendemain mais qui leur rappelait aussi qu'ils ne gardaient aucun secret pour l'autre. Grace trouvait toujours un sujet pour ces jeux et aujourd'hui, ce serait le passé, le raconter. Un verre par année et à coup sûr ils n'auraient plus l'esprit si brumeux à la fin. Ils auraient cette sensation volatile d'être tout puissants et de pouvoir tout accomplir, du moins c'était ce genre d'alcool pour elle.

- Oui, comme au bon vieux temps. Répéta-t-elle mélancolique avec un fin sourire.

Elle attendit sa réaction et se sentit heureuse qu'il accepte. C'était comme accepter qu'ils étaient de nouveaux réunis, qu'ils reprenaient leurs habitudes, si tenté qu'une habitude puisse se garder plus de vingt ans. D'un signe de la main, elle le laissa commencer. Elle attendit bien impatiemment en vidant ce qu'il restait du verre, s'en servant un deuxième pour son tour à elle. Il finit par raconter elle sourit bien plus largement.

- Au moins tu n'auras pu de problèmes avec ta voisine ! Je peux même te dire que la nouvelle est nettement plus sympathique. Évidemment qu'elle l'était, c'était elle-même et elle n'irait jamais envisagé Anders comme un cambrioleur, au moins ça !

Il était maintenant tant pour elle de raconter son année de 1993. Certains détails lui manquaient, sa mémoire n'avait jamais été très bonne. Et ce n'était certainement pas l'année la plus remplie en événement. A vrai dire, ça avait été un peu vide à partir du moment où Anders était parti. Se morfondre avait été un long passe-temps de cette année-ci. Finalement, elle se lança :

- Je dirais bien l'obtention du diplôme de journaliste mais c'est trop évident. Une pause et un instant de réflexion avant de poursuivre : Alors... Il y a bien eu cette fois... Je crois que j'avais trop bu et je ne sais pas, quelqu'un a lancé un pari débile. Tu me connais, je ne recule pas devant un bon pari... Il se trouve que j'ai finalement été celle à courir dans le quartier avec si peu de vêtements que j'ai cru attraper une pneumonie. Le pire c'est sans doute qu'ils en ont profité pour filmer et que je n'ai jamais pu remettre cette malheureuse brassière et ce short que j'affectionnais tant de peur que quelqu'un décide de ressortir ce film. Enfin, tu ne dois pas être très étonnée, c'est toujours à moi que ça arrive ces choses-là. Et elle avala son verre presque cul sec, profitant à peine du goût fruité.

Même elle avait fini par rire à ce souvenir et ce bon moment que Thomas avait organisé pour elle à l'époque, avec quelques amis du moment pour la sortir de son état de morosité prolongée provoqué par l'absence de son meilleur ami.

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Anders Weiss
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MessageSujet: Re: #1478 + Remember Me. ► Weister Dim 3 Jan 2016 - 17:53

Remember Me
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Cela ne paraissait pas évident, mais Anders n'avait pas écrit une ligne de son nouveau livre depuis des semaines. Il avait du mal parce que l'inspiration était trop forte que ça l'empêchait d'écrire, qu'il croulait sous les émotions. Il ne pouvait pas avancer, il restait en arrière. Dans le noir, avec l'écran seule comme source de lumière. Cependant, il préférait dire qu'il écrivait, il avait toujours écrit. Weiss avait toujours ce petit grain dans la tête, qui lui donnait de l'imagination et tout une histoire un peu jamais lue. Grace était là, peut-être qu'elle lui donnera assez suffisamment l'envie de continuer son nouveau livre. Elle voulait le lire, c'était assez suffisant. Il avait regardé son amie, d'un air calme. Il n'était pas aussi bavard quand il s'agissait de parler de ce qu'il avait écrit. Il préférait hocher la tête, dire merci, sourire non .. Il ne pouvait pas sourire pour ce livre. Conclure vite cette discussion. Il avait expliqué de quoi parlait son futur livre.

Comme au bon vieux temps.
C'était le retour aux vieilles habitudes. Les jeux autour de l'alcool était un rituel entre Anders et Grace, ils buvaient à en avoir du mal à marcher. Il se rappelait de l'accident quand il avait tenté de se lever et s'était prit un coup à la tête. Un petit passage à l'hôpital avait été nécessaire. L'écrivain espérait que cela n'allait pas recommencer, même si cette histoire remontait à vingt-quatre ans en arrière.

Après avoir raconté son emménagement et l'accueil qu'il avait eu, Grace se mit à sourire et lâcha un sous-entendu qui surpris Weiss qui la pointa du doigt. Il lui demanda du regard qu'elle était la voisine du 1479 ? Il n'était plus trop à jour dans les activités de ses autres voisins, il ne le regrettait pas vraiment. De toute façon, il l'avait retrouvée.
C'était au tour de Grace de raconter son année 1993, pendant qu'il se resservit pour un second verre. Anders malgré les traits tirés par la fatigue, montra qu'il n'était pas du tout surpris de la manière dont son amie s'était faite avoir avec le pari. Il était quand même content pour elle qu'elle aie eu son diplôme.

- En effet. Quand on te lances un pari, tu fonces directement sans réfléchir aux conséquences. J'aurai aimé être là rien que pour voir ça. se moqua gentiment Anders.

Ça avait été drôle à voir que l'écrivain ne pouvait pas s'empêcher de faire un petit sourire, il imaginait la scène. La tête de Grace quand elle avait compris qu'ils l'avaient filmée. Le fou rire de tout le monde. Il aurait vraiment aimé être là. Ne pas s'être parti comme un voleur. Le sourire disparut quand il pensa à l'année 1994. Son tour. Il fit une longue expiration, le verre à la main.

- Ce n'est pas une année où j'ai ... Oh mon dieu, c'est dur de se souvenir des détails. commenta Weiss qui chercha rapidement un événement pour éviter les gages, Grace était particulièrement douée pour jouer sur son honnêteté et sa capacité à tenir parole. Il fit un geste de la main pour l'empêcher de lui donner un gage. J'en ai une. J'en ai une...! J'ai trouvé. Je croyais que c'était en 1995 ... J'étais passé à l'école pour aller chercher ma femme, Chloé qui y travaillait. Je suis entré et je suis arrivé trop tôt. Tu me connais, je préfère arriver avec trente minutes d'avance. J'ai attendu dans le couloir et je me suis fait aborder par un enseignant qui sortait de la salle de classe. Il m'a vu et m'a demandé de le remplacer parce qu'il ne se sentait pas bien et devait aller à l'infirmerie. Il m'a pris pour un surveillant de l'établissement et en dix secondes je me suis retrouvé avec une classe de jeunes gosses de sept ans. J'y suis resté une heure. Ils étaient en train de travailler sur la géographie. Je leur ai appris comment différencier l'est et l'ouest car ils confondait, j'ai donné une astuce et ça marchait bien. Je leur ai appris à situer où était Lewiston... Pendant une heure de ma vie, j'ai été enseignant.

Il leva le verre et but toute la gorgée, sans prendre le temps d'apprécier le goût du Whisky. Ce qui était dommage. Il en profitera à la prochaine.

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Grace Foster
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MessageSujet: Re: #1478 + Remember Me. ► Weister Dim 3 Jan 2016 - 23:35

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L'alcool.
Il avait cela de bien que de mettre en second plan ce qu'il n'était pas bon penser lors de retrouvailles. Il avait cela de mal que tout semblait exacerbé : les émotions, les sensations, tout. Et bien sûr il y avait la désinhibition. L'alcool pouvait être un plaisir et il l'était pour Grace mais il était aussi un ennemi surtout lorsqu'il était ingéré à l'excès. Le problème avec Grace était qu'elle ne se contrôlait pas. Enfin, ce n'était peut-être pas tout à fait juste. Elle savait se contenter d'un verre de vin ou deux lors des soirées entre amis ou avec la famille comme lorsque ça soeur revenait dans les environs. Mais il fut un temps et elle le croyait encore aujourd'hui où l'alcool devenait sa drogue. Lorsqu'il y avait Anders ou alors était-ce lorsqu'elle avait l'idée d'un jeu comme celui de la bouteille. Quoique pour celui-ci, elle n'y avait joué qu'une seule fois au lycée et s'était retrouvée paniquée devant le garçon qu'elle ne voulait surtout pas voir, à l'époque connaissant à peine Thomas. Ça faisait longtemps maintenant mais c'était un souvenir qu'elle n'oublierait pas. La gêne de partir quelque chose comme trois minutes dans une autre pièce avec le garçon. Expérience honteuse que la sienne.

Heureusement, il n'était pas question de jeux aussi puérils ni d'une soirée entre amis. Enfin, si d'une certaine façon mais c'était l'une de ses soirées d'excès. Sans doute parce qu'Anders était là. Ça faisait longtemps, très longtemps, trop longtemps qu'elle n'avait pas bu ainsi. Elle savourait à peine son deuxième verre qu'elle avait déjà chaud. Ca devait être une impression. Elle ne pouvait tout de même pas déjà ressentir les effets de deux "petits" verres, c'était impossible.

Au moins cela lui évitait de pleurer à nouveau ce qui était une bonne chose si elle voulait espérer tenir la soirée au lieu de tomber de fatigue sous la force de toutes ces émotions. Jamie tout comme Samuel étaient présents dans ses pensées, Thomas l'était également mais elle se refuser à penser au moment de drame. Il lui fallait se souvenir des bons moments et même si une anecdote pourrait citer son fils ou son mari, elle aurait un sourire et non pas un regard embué de larmes. Elle se le promettait à elle-même mais avec l'alcool, rien était sûr.

- Oh non sûrement pas. Tu aurais été le premier à vouloir prendre des photos, ça aurait été terrible. Sourit-elle légèrement. Elle avait raconté sa première anecdote passant sur le fait qu'à ce moment de sa vie, elle était encore inconsciente de la chance qu'elle avait avec deux enfants bien portants endormis dans la maison qu'elle quittait pour accomplir son pari stupide. Elle avait donc bu son premier verre ou du plutôt son deuxième verre de la soirée et avait réagi à la réponse d'Anders.

Elle avait ignoré répondre à sa demande muette quand à la nouvelle voisine du 1479 et avait à son tour raconté. C'était à nouveau à l'homme en face d'elle. Elle l'écouta en souriant prête à lui donner un gage s'il abandonnait. Elle le voulait presque, rien que pour le gage. Mais il se confia et s'enfila ensuite le verre à une vitesse folle.

- On devrait peut-être aller doucement sur le whisky si on veut tenir les vingt-deux années. Puis elle le regarda avec un semblant d'air rieur. Mais vraiment ? Toi professeur ? Et ça ne t'a pas plu, tu as pourtant toujours été à l'aise avec les enfants, ils ont du t'adorer à l'époque ?

Se servant un nouveau verre et le resservant également, elle aurait pu raconter sa propre anecdote de l'année suivante mais lui préféra une question en premier lieu.

- Chloé alors ? Tu ne veux pas me dire comment elle ... était ? Enseignante ? Ses questions étaient peut-être trop anodines ou trop intrusives mais elle osa demander.

Elle s'installa mieux, repliant les jambes sous elle comme si elle voulait être mieux attentive à l'histoire qu'il pourrait raconter s'il l'osait.

- Autrement... mon année 1994... Riley avait six ans... Oh, je sais ! Ce fut le moment où il rencontra son premier amour, une gamine de sa classe aux beaux cheveux bouclés, il en était dingue. Son premier "coup de foudre". Et la première fois que j'étais jalouse d'une fille qui recevait l'affection de mon fils. Sourit-elle avec nostalgie en se souvenant de cet épisode attendrissant. Il lui écrivait des lettres, lui offrait des cadeaux ... et évidemment, c'était à "maman" de les rédiger parce que ce serait plus joli et c'était vers "papa" qu'il prenait conseil pour le meilleur cadeau du monde. A l'époque un collier de petites perles en plastique c'était le but ultime, autant dire qu'on en a entendu parler pendant des mois jusqu'à ce qu'on lui achète le kit pour créer des colliers. C'était vraiment mignon. Sauf quand Jamie s'amusait avec et se coinçait une de ces billes dans le nez. La course aux urgences et les disputes entre frères parce que Jamie avait osé touché à son jouet, c'était épuisant. Mais le reste, c'était adorable. Elle but plus tranquillement son verre, avant de le reposer à moitié vide. Elle ne pouvait plus sourire que d'évoquer ces souvenirs. Le regard peut-être un peu triste mais elle tenait bon.

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MessageSujet: Re: #1478 + Remember Me. ► Weister Lun 4 Jan 2016 - 13:31

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Expéditeur: Unknown
Destinataire: Anders Weiss
Message reçu, aujourd'hui.

La jalousie est un vilain défaut, tu en as déjà fait les frais, rappelle-toi cette année 1990... Ne crois-tu pas que c'était quand même fondé? Après tout, elle a réussi à te retrouver après tout ce temps...
-S




Nouveau message


Expéditeur: Unknown
Destinataire: Grace Foster
Message reçu, aujourd'hui.

Comme tu me lis là, je suis tout à l'écoute de ce qu'il va bien pouvoir te raconter. Pourquoi ? Parce que je devrais sans doute me mêler de cette discussion s'il venait à révéler certaines choses me concernant.
-S


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Anders Weiss
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MessageSujet: Re: #1478 + Remember Me. ► Weister Lun 4 Jan 2016 - 21:30

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anders et grace





Anders se moquait que c'était une mauvaise idée de boire de l'alcool après avoir repensé à Samuel, appris pour la famille de Grace. Il avait besoin d'un remontant, il savait que l'alcool n'était pas le meilleur compagnon pour cette soirée. L'alcool avait été là pour lui ces derniers temps et elle continuait à l'être, il ne pouvait pas dire non à sa présence et il ne buvait pas tout seul cette fois-ci. L'écrivain venait de retrouver son amie d'enfance et les vieilles habitudes qui allaient avec. Raconter les vingt-deux années était un concept qui lui plaisait, ça faisait longtemps qu'il n'avait pas bu en compagnie de quelqu'un. Mais parler du passé, bien que ce concept plaisait à Weiss, était un peu dangereux avec l'alcool, les mots qu'il préférait garder pour lui pouvaient échapper. Il était en face de sa meilleure amie et elle le connaissait comme quelqu'un d'honnête. Elle connaissait l'ancien Anders et il ne pouvait pas lui dire qu'il n'était plus, il n’en était pas sûr. Avec les vingt-deux ans, elle allait connaître un nouveau Anders. Avec les prochaines visites elle verra qu'il avait changé…

- J'aurai mis les photos dans un album. il gardait ce petit sourire. Il aurait adoré charrier Grace. Il se voyait lui montrer les photos en plein action de son défi juste pour se moquer de la réaction et l'embêter un peu. Il avait encore les vieilles photos qu’il avait prises.

Après sa seconde anecdote, l'écrivain avait finit d'un coup son verre et soupira parce que c'était un peu fort. Il faisait toujours ça quand il pensait à quelque chose de mauvais derrière. Il secoua la tête, de son air sûr, il savait qu'il allait tenir, bien que l'alcool risquait de faire son effet dans les minutes à venir. Vingt-deux années, il devait aller doucement, parce que ce n'était pas une bouteille qu'ils allaient vider. Il réagit vivement au début.

- Tu parles ! Ils m’ont adoré, leur maitre était très ennuyeux. Le courant est passé après dix minutes d'improvisation qui a bien marché. J'étais effrayé au début parce que je ne m'attendais pas à me retrouver devant 24 gosses, mais j’ai adoré. Ils se souvenaient de moi quand je revenais et me voulaient dans leur classe. Mais l’enseignant n’a pas apprécié d’entendre les élèves demander de mes nouvelles. Il a transformé en un cauchemar l’année scolaire de Samuel et je ne l'ai pas permis. C'était pour cela qu'Anders avait préféré boire d'un coup l'alcool, parce que cette histoire ne s'était pas bien terminée. Ça sentait une dispute, une prise de tête avec l’enseignant.

Merci Pour le verre de whisky que Grace venait de remplir.

L’écrivain changea de position sur le canapé, pour être mieux en face de son amie. Il s'attendait à la nouvelle anecdote mais au lieu de cela, il eut une question sur son ex-femme. C’était vrai, il venait de la nommer et de parler d’elle, sans vraiment se rendre compte. Ce n’était pas l’alcool, c’était l’anecdote qui faisait ça. L’écrivain s’emportait dans son histoire et ne faisait plus attention, l’alcool ne l’aidant pas. Anders baissa son regard et lâcha un gros soupir. Le regard dans le vide au sol, il secoua la tête.

- On a divorcé Grace,   Son ton était sec plus pour Chloé que Grace, encore un autre sujet sensible, il releva le regard vers son amie, se rendit compte de sa gaffe. Il ouvrit la bouche mais rien ne sortit avant qu’il ne se décide.   Désolé. Ce n’était pas contre toi… Je n'ai pas spécialement envie d’en parler. Du moins, pas ce soir… Il préféra repousser ce moment. Ça faisait déjà trop avec Samuel, il ne voulait pas se remuer davantage le couteau dans la plaie. Il regarda le whisky et il soupira. Il n'avait ... plus envie de boire de l'alcool.

Il l'écouta raconter son anecdote à son tour, alors qu’il cherchait à réfléchir la sienne pour l’année 1995. Anders regarda, étonné que Riley avait déjà tout de suite son premier amour à ses six ans. Il se mit à sourire : quelle histoire ! Grâce à cette anecdote, il savait que Riley avait eu son premier coup de foudre à ses six ans, il n’avait pas perdu du temps.

- Et comment s’est terminé son histoire avec sa gamine ? Demanda l’écrivain, d’un regard amusé et triste en même temps. Avec Grace, cette histoire allait ressortir pour Riley qui n’allait pas aimer. Jamie qui aimait toucher les jouets de son grand frère, c’était comme Sonja qui aimait entrer par effraction dans la chambre d’Anders pour lui voler ses jouets.

À son tour. Weiss réfléchit et n’allait pas laisser Grace lui donner un défi. C’était dur de réunir les détail de l’année 1995. Car il s’était tellement passé de mauvaises choses, le départs de ses parents en Allemagne … La perte du boulot … Parler de Sam était le meilleur moyen, Grace avait réussi à parler de Jamie et de Riley..

- L’année 1995 … C’était l'une des années où Sam m’a fait une de mes grandes peurs. C’était un jour d’été, il faisait assez chaud qu’on laissait la porte ouverte pour avoir de l’air. C’était le jour où j’ai acheté quelque chose … Ah oui, j’avais acheté un nouvel placard et à peine que j’étais rentré, je me suis attelé à l’installation. Tu sais, les placards qui viennent d’Ikea, c’est mal foutu avec leur modèle d’emploi. On ne comprend jamais grand chose et on passe des heures dessus. Chloé est venue voir comment je m’en sortais et a décidé de m’aider. Bien sûr, Samuel qui a appris à marcher, même à courir avant de marcher… A profité de la porte d’entrée ouverte pour s’enfuir de la maison et découvrir l’extérieur. Il lui avait fallu dix minutes avant que Chloé ne retourne aller le voir et qu’elle remarque sa disparition. Elle m’a demandé : « Andy, as-tu vu Samuel passer par ici ? »  On avait cherché dans toute la maison et on avait compris qu’il était parti par la porte ouverte… On a cherché dans le quartier pendant une bonne demie-heure et on était sur le point d’appeler la police.   Pfff… On l’a retrouvé dans le jardin de la voisine à côté, Samuel jouait dans le bac à sable du fils… Silence. Anders avait ce regard lointain, triste. Il aurait tellement aimé que cette disparition de quatre ans soit exactement moins grave Chloé était enseignante. À l’université, c’était la fille qui étudiait les langues, tu vois la blonde ? dit-il finalement, parlant d’elle sûrement sous l’effet de l’alcool bu trop vite et porta son verre à ses lèvres.

En même temps, son téléphone portable sonna quelque part dans le salon, Anders déposa silencieusement son verre à moitié vide sur la table. Il était surprit. D’habitude il ne recevait pas de messages et il n’en avait pas reçu depuis sa sortie au supermarché… Weiss se leva, il fit quelques pas, les yeux rivés au sol presque caché par les liasses de papiers de brouillon et souleva une feuille qui était au sol avec son pied. Il venait de retrouver le téléphone du premier coup malgré le désordre dans cette pièce. Il le ramassa et se mit à lire le message
Anders ouvrit la bouche pour parler, il ne dit rien, il était figé à la vue de ce message, de l’expéditeur, mais surtout de la signature.
Ça recommençait encore …
L’année 1990, que c’était loin…! Le message perturba à nouveau le père, qui essaya de reprendre ses moyens. Il lâcha une grande expiration et remit le téléphone sur l’écran d’accueil.
S’il y avait une raison du pourquoi -S ne le laissait jamais tranquille, c’était parce que c’était de sa faute.
Il mit le téléphone dans sa poche, s’installa et n’avait pas fait attention à Grace jusqu’à maintenant, il était parti dans son monde dès qu’il avait lu ce message qui le remplissait de doute.

- Tu m’avais parlé ?

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MessageSujet: Re: #1478 + Remember Me. ► Weister Lun 4 Jan 2016 - 23:10

Remember Me.
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Les souvenirs.
Ils les liaient plus que quiconque dans cette ville. Peut-être moins que Riley toutefois mais c'était différent. C'était son fils non son meilleur ami. Avec Anders, ils partageaient seize années de souvenirs communs et en partageaient d'autres à ce moment-ci. C'était là le but du jeu. Connaître l'autre à présent. Elle ne pensait pas avoir tant changée, mis à part physiquement évidemment. Mais cela rajoutait aux retrouvailles et l'alcool était un plaisir toujours renouvelé après avoir parlé de ce qui ne pouvait que chagriner. La mort n'était pas un sujet tabou, loin de là, il ne fallait pas oublier les morts mais il fallait aussi bien reconnaître que c'était loin de rendre heureux, à moins de détester la personne.

Elle raconta donc sa première anecdote, finissant par lancer un faux regard mauvais en guise de réponse. Il n'en aurait pas plus. S'il n'avait pas jeté les photos, il était sans doute celui qui en avait le plus d'elle. Et en plus de détester être prise en photo, Grace trouvait toujours le moyen pour se faire piéger pile devant l'objectif. Résultat des comptes, il n'était pas rare de rire à ses dépends devant les images.

A son tour. 1994 et il fut professeur d'un jour. C'était une chose qu'elle pouvait étonnamment imaginer même s'il n'avait jamais paru adorer l'école. Les enfants l'aimaient toujours et en tombaient sous le charme. Ça avait d'ailleurs été problématique quand sa petite sœur avait suivi la masse et que Grace s'était sentie jalouse qu'on essaie de lui voler son ami. Aujourd'hui, c'était du passé mais elle imaginait que ses capacités à interagir avec des enfants était encore intact à l'époque. Il sembla d'accord et elle sut que les enfants l'avaient adoré. Elle n'avait pas douté de cela. Elle ignorait cependant totalement la réaction idiote qu'avait pu avoir le professeur et pour toute réponse, le resservit comme pour lui dire de qu'il pouvait passer à autre chose.

Et ce autre chose vint quand elle lui demanda pour Chloé et qu'il répondit plus sèchement qu'elle l'aurait cru. Elle le regarda un peu peinée qu'il le lui dise ainsi. Il aurait pu simplement lui annoncer qu'il ne souhaitait pas en parler, elle aurait compris. Peinée et coupable d'avoir posé la question en premier lieu. Il la rassura brièvement et elle acquiesça simplement avec un maigre sourire, pas tout à fait honnête. C'était étrange. Elle avait à la fois l'impression d'aller de l'avant et le faire parler et la seconde d'après, faire trois pas en arrière. Les retrouvailles s'annonçaient moins évidentes que prévues et elle soupira en racontant sa propre anecdote.

- Et bien, apparemment, il y a eu une sombre histoire de gâteau au chocolat non partagé et s'en était fini. Mais je serais incapable de te dire lequel des deux a décidé de garder la part pour lui. Enfin, il a apparemment trouvé mieux après, c'est rassurant, du moins je crois. Sourit-elle un peu plus en se souvenant des vociférations de Riley, une année plus tard quand cette histoire est venue sur le devant de la scène. Il avait été difficile de lui faire comprendre que toutes les filles ne serait pas comme "elle". A sept ans, allez savoir, pour lui, sa vie était finie.

Année 1995. Elle écouta passivement, finissant son verre tout en se demandant comment une mère laissait son enfant seul pendant dix longues minutes, surtout à deux ans. Mais parfois il fallait aussi se rendre compte que la vie de parent n'était pas de tout repos, aussi ne jugea-t-elle pas celle qu'elle connaissait si peu. Elle n'eut pas le temps de réagir à la fin de son anecdote qu'il parla de Chloé, celle-la même dont il refusait d'aborder le sujet cinq minutes auparavant.

- Je crois que je vois. Fardée, déjà prête pour l'entrée dans le grand monde, avec tout un public à chaque pas ? Enfin, elles étaient tout un groupe mais ... Elle était vraiment belle elle, bon choix ! Elle pensait savoir à qui, il faisait allusion.

Une jolie blonde avec de petits yeux brillants et un air éveillé. Elle l'avait toujours cru, se sentant supérieure au commun des autres étudiants. Elle ou ses amies organisaient des soirées qu'elles disaient "V.I.P" et bien sûr, Grace n'était pas invitée, pas assez populaire. Elle l'enfant née avec une cuillère en argent dans la bouche n'avait jamais été intégrée au groupe des "fabuleuses". Ça ne lui avait jamais manqué, elle n'avait pas besoin de les connaître. Et puis, bien sûr, elle lui était peut-être familière parce qu'au détour d'un couloir, elle la croisait alors que son regard se perdait sur Anders... Une fille à garçons en somme. Oui, sans doute que lui aussi l'appréciait mais n'avait rien dit à Grace de peur qu'elle se moque de ses fréquentations, elle en aurait été capable, les trouvant trop superficielles. Elle avait eu cette chance, elle, de trouver en Thomas l'équilibre nécessaire à toute fille sage et depuis, ne voyait plus ces autres filles comme des modèles sur lesquels calquer sa vie. Elle avait su s'en détacher. Et pendant ce temps-là, Anders était tombé dans leurs filets. La logique des choses semblait-il.

Grace vit Anders se redresser et mit une seconde à comprendre qu'un bruit l'avait dérangé et à en juger par le son, il s'agissait d'un téléphone. Elle le regarda fouiller le sol des yeux en se demandant ce qu'elle pourrait bien faire pour que sa maison ne finisse pas totalement impraticable.

- Je devrais peut-être revenir faire le ménage, cet endroit en a besoin. Il était pris par son message et un instant plus tard, elle comprit qu'il n'avait rien entendu. Non ce n'est rien... Un message intéressant ? Demanda-t-elle en passant son regard du téléphone à Anders.

En même temps que cela, ça lui rappela que le sien était en silencieux, un mode très utile pour lire les messages bien trop tard. Mais mis à part Riley, elle ne s'attendait pas vraiment à un coup de fil. Elle le prit néanmoins, plus par manie quelque chose, se demandant si elle ne ferait pas mieux de prévenir son fils de sa localisation et se décida enfin à le faire quand elle nota la présence d'un nouveau message. Étonnée, elle l'ouvrit et ne comprit tout d'abord pas de quoi il était question, cela jusqu'à voir la signature. Lorsqu'elle avait emménagé, Riley l'avait prévenu d'un fait étrange, la présence d'une personnalité anonyme qui s'amusait à intimider les gens. Elle avait pris cela à la légère et ça n'avait pas influencé sur son choix de ville, elle voulait être auprès de son fils. Mais à l'instant, elle se demanda ce que tout cela voulait dire, pourquoi quelqu'un enverrait ces messages.

- C'est ... Tu connais quelqu'un qui se fait surnommer -S ? Je ne sais pas qui c'est et je m'en fiche mais si tu le connais, s'il te plait, peut-il laisser Riley en paix ? Je ne crois pas qu'il ait besoin d'un harceleur en plus du reste. Lle sens du message était flou. Lui disait-on que Anders était ami avec -S ou menaçait-on Anders. Elle ne savait pas mais voulait le savoir.


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Anders Weiss
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MessageSujet: Re: #1478 + Remember Me. ► Weister Mar 5 Jan 2016 - 1:35

Remember Me
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Les histoires d'amour à l'école n'étaient jamais sérieux, cela n'avait jamais marché parce que les enfants de sept ans n'avaient pas la même vision de l'amour que les adultes. Anders n'avait jamais croisé un couple qui s'aimaient depuis leur plus jeune âge et encore, quand il avait rencontré Grace, il ne la supportait pas parce que ... C'était une fille, cela jouait forcément des cordes à sauter... Ce n'était pas trop le truc pour Anders qui supportait déjà une soeur assez pénible et qui n'avait fait que lui voler ses jouets. Grace avait réussi à gagner le respect de Weiss par la suite qui arrêtera, grâce à elle il avait arrêté de manquer de respect aux filles de l'école. Il voyait que la gamine ne valait pas le coup pour Riley juste pour une histoire de gâteau, puis après tout des petits gamins aimaient un peu jouer aux grands.
Après des années, Anders et Grace étaient toujours là ensemble, même après vingt-deux ans sans s'être vu. Ils avaient changé, au moins l'écrivain sur tous les aspects. Le temps était passé là-bas aussi.

- Il s'est trouvé une copine maintenant ? demanda Weiss, curieux de savoir où en était Riley dans sa vie actuellement maintenant qu'ils en parlaient.

Après avoir bu, l'écrivain hocha continuellement la tête, pour confirmer toutes les descriptions de Grace. Elle visualisait parfaitement qui c'était parce que c'était une des filles les plus célèbres de l'université et qui s'occupait d'une organisation à l'époque. Il savait que Grace allait la reconnaître. Il baissa un peu son regard et haussa les épaules.

- Je n'ai pas vraiment pu te dire que depuis que tu avais Thomas, j'ai un peu commencé à fréquenter les filles de l'université, Chloé en particulier. J'avais pris son livre par erreur et elle avait le mien. On s'était retrouvé pour les échanger et ...

Il avait disparu avec elle ensuite. Il ferma un moment les yeux pour essayer de visualiser la situation. Le passé et comment ils avaient quitté Chicago. Il s'était engueulé avec son père et qu'ils s'étaient perdus de vue depuis le départ en Allemagne. Anders avait toujours fait son possible pour envoyer des lettres à Sonja qui avait arrêté de répondre deux ans avant... Il but encore et essaya de parler sans que rien ne vint pendant les secondes, le regard dans le vide, sûrement dans ses souvenirs avec Chloé. Il plongea ses yeux dans ceux de Grace pour répliquer

- Pour information, c'était une vraie connasse égoïste.

Dans un ton sans une once de doute, la rancune se ressentait complètement. Il était en train de se repasser de mauvais souvenirs. Il n'insultait pas facilement les gens, mais Chloé était une exception. Les absents ont toujours tort. L'existence du téléphone restait quand même bénie parce que cette machine avait l'air de dissiper la tension. Grâce à l'alcool qui rendait Weiss un peu plus bavard et rancunier quand il discutait sur les sujets sensibles. Une fois la question posé, il n'arrêtera pas d'y penser.
L'écrivain venait de reprendre le vere à moitié vide qui était sur la table quand il s'assit à nouveau sur le canapé. Le téléphone dans la poche cette fois-ci...

- Je ne sais pas... répondit Anders, tout étrange. Il but son whisky encore.

Pourquoi -S voulait lui rappeler ce qui s'était passé en 1990 ? Il était au courant de ça ?! Anders se demandait comment -S faisait pour tout savoir, pour trouver les détails de la vie des gens. Il ne pouvait pas faire cela tout seul, c'était impossible ... Son amie sortit son téléphone, par manie sûrement à cause de lui qui avait bien regardé son téléphone. Il finit son verre et l'observa. Son front se plissa quand il observa la réaction de son amie.

- Gracie ? Tout va bien ?

Il connaissait ce regard, ces gens qui lisent ces messages sur le téléphone. L'étonnement, le trouble, la panique... Grace avait l'incompréhension sur son visage et le désir de protéger Riley dans ses paroles.

- Grace, non. La voix n'était pas sortie, elle pouvait le lire sur les lèvres et c'était facile de comprendre ce qu'il venait de lui dire.

-S était sûrement là. Ne lui donne pas l'idée voulut-il lui dire par la pensée. Riley avait déjà été victime de -S et il pouvait l'être à nouveau si elle parlait tout de suite de lui. Anders ne connaissait pas trop Riley, il était parti en 1993, ils n'avaient pas eu le temps de se connaître. Mais l'écrivain tenait à ce jeune homme qu'il était devenu pour qu'il ne soit pas la victime. Grace savait un peu le percer malgré les vingt-deux années sans s'être vus. Il décida de parler, en choisissant avec attention ses mots, parce que Grace venait de recevoir à coup sûr un message de -S et il était en train de les écouter en ce moment.

- Grace, je ne connais pas -S.

Il ne mentait pas, il ne le connaissait pas. Ses yeux ne le trahissait pas et il avait appelé son amie par son prénom au lieu du surnom. C'était une sorte de code entre eux quand ça n'allait pas, Anders l'appelait par son surnom dans un sujet sérieux pour lui indiquer qu'il disait le contraire de ce qu'il pensait réellement. -S devait le savoir, s'il savait ce qui s'était passé en 1990.

- -S vise tout le monde, il connait tout le monde. Il sait tout sur tout le monde...

Je n'ai pas ce pouvoir... Doucement, Anders sortit son téléphone et eut un regard bien désolé quand il regarda à nouveau le message. Il faisait vraiment ressortir le pire côté des gens et aimait les torturer psychologiquement. Alors c'était ainsi comme ça ?

- Tu te rappelles de 1990 ? demanda Anders,

Il pensait qu'au lieu de continuer sur 1995, ils devraient faire un bond en arrière pour aller en 90. Il tendit son téléphone, avec le message de -S dessus. Il détestait réellement faire ça, il montrait qu'il avait lui aussi reçu un message de -S et que ce ne serait pas logique s'il connaissait -S il serait quand même viser.

- Qu'est-ce que ça veut dire ça ? Il n'y avait aucun reproche, il était inquiet... Il ne comprenait pas.

Ce retour au passé, où Thomas avait fait une crise de jalousie... Pourquoi cette jalousie devait-il être fondé ? Pourquoi cette idée était en train de germer dans sa tête et ne veuilel pas partir. C'était viral les messages de -S. Il reçevait et aurait préféré l'ignorer, mais l'idée persistait et prenait de l'ampleur et ça devenait impossible de ne pas demander.

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MessageSujet: Re: #1478 + Remember Me. ► Weister Mar 5 Jan 2016 - 11:46

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L'intérêt.
Celui qu'il portait à Riley l'étonnait autant qu'il lui faisait plaisir. Elle aurait pu parler de son fils pendant des heures sans se sentir fatiguée. Alors entendre Anders lui demander ce qu'il advenait de lui ou plus précisément de sa vie sentimentale lui fit tout drôle. Elle aurait voulu poser ces mêmes questions sur Samuel, le connaître, savoir comment il était, ce qu'il aimait. Elle n'avait pas vu de photos mais Grace aurait aimé savoir s'il ressemblait plus à son père ou plus à sa mère. Des choses qu'elle n'avait pas le droit de demander, pas comme ça, pas maintenant.

- Encore une histoire compliquée si tu veux mon avis. J'ai l'impression que mon fils ne sait pas s'y prendre avec les filles. Ceci dit, il y a bien une demoiselle dont il n'a cessé de me parler pendant une année. Sasha. Elle est pompier à Lewiston, comme Riley. Apparemment c'est ainsi que ça a débuté. Mais mon fils étant ce qu'il est, il ne l'a pas contacté pendant près d'une année, par ma faute... Et aujourd'hui, c'est à peine s'il ose faire le premier pas. Il faudra pourtant bien qu'il s'excuse mais peu importe ce que je lui dis, je me heurte à un mur. Il a peur qu'elle le rejette, ce que je peux comprendre mais il faut parfois se lancer autrement on rate l'Amour, tu n'es pas d'accord ? Enfin à priori il avait une petite-amie, je ne suis seulement plus sûre que ce soit d'actualité. L'amour, c'est toujours compliqué faut croire. Elle parlait avec entrain, bien qu'à certains moments, c'était presque un bout de conversation qu'elle se faisait à elle-même. Crédule de croire que Anders n'entendrait rien.

Il parla ensuite à nouveau de Chloé et elle se sentit vraiment désolée qu'à cause d'elle, de son couple semblait-il, il n'ait jamais trouvé l'occasion de lui parler d'elle. Grace ne pensait pas avoir quelque chose à se reprocher de sa disparition mais peut-être que finalement, elle l'avait délaissé sans s'en rendre compte ? Elle le voyait pourtant presque tous les jours à l'époque et l'invitait à se mêler à sa vie de famille à elle. Mais le ressenti ne se contrôlait pas.

- Je suis désolée si j'ai... Je ne pensais pas t'oublier comme ça au point que tu ne puisses rien me dire. Je suis vraiment désolée. Ça t'aurait peut-être évité de partir si je n'avais pas été aussi inconsciente que je te laissais tomber... Il n'y avait pas plus simple que de lui dire ça pour qu'elle s'en veuille terriblement d'avoir tout fichu en l'air parce que, ça y est, elle imaginait que tout cela était survenu parce qu'elle avait été une horrible amie. Bien joué Grace !

Étonnamment, elle l'entendit préciser à la suite ce que Chloé était et elle le regarda surprise de cette réflexion. Elle savait que certains couples pouvaient se séparer de manière virulente mais quand on aimait quelqu'un au point de partir vivre avec elle à l'autre bout du monde, du moins à des milliers de kilomètres, il devait bien rester quelque chose ... Mais apparemment, chez Anders, ça s'était mué en ressenti voire en haine.

Elle n'eut pas le temps de s’appesantir plus sur cela qu'un téléphone sonna et qu'elle vit Anders s'intéresser au message. Pendant ce temps, elle regarda l'environnement dans lequel il évoluait en se jurant de passer, un jour prochain, donner un coup d'aspirateur ou au moins enlever tout ce qui pouvait traîner au sol. Il pouvait garder ses rideaux tirés s'il le voulait mais au moins ça... Et puis de toute manière, il fallait compter sur elle pour repasser le voir et il était hors de question qu'elle cherche avec difficulté comment passer de l'entrée à la cuisine. Alors même s'il ne le voulait pas, le ménage, ce serait pour elle aussi !

Quand elle lui demanda plus ou moins directement ce que contenait le message, elle eut l'idée de sortir le sien plus par manie qu'autre chose et prête à contacter Riley pour le prévenir qu'elle était ici. Elle ne voulait surtout pas le voir s'inquiéter comme il le faisait régulièrement depuis les sombres envies qu'elle avait eu à Chicago. Mais elle fut arrêtée dans son action par l'arrivée d'un message, de -S. Elle ne connaissait pas ce personnage et elle ne comprenait pas son but. Quel était-il ? Où était l'intérêt de tout cela ? Anders l'appela et elle parla, bien évidemment.

Sa première pensée fut pour Riley. Que -S le laisse tranquille. Elle pouvait imaginer ce que ça faisait de recevoir un message tel que celui-ci et n'osait même pas soupçonner les conséquences s'il était en intervention à ce moment-là, c'était dangereux, très dangereux ! Qu'il la harcèle elle, soit, elle pouvait toujours ignorer les messages mais pas Riley.

Elle fixa Anders dans l'attente d'une confirmation et obtint une négation le déduisit-elle. Il ne connaissait pas -S. La deuxième conclusion s'imposait donc, il était menacé par -S. S'il ne le connaissait pas c'est que les informations qu'il pouvait avoir, il ne supposait même pas les avoir, c'était donc qu'il n'était pas une connaissance de cette personne, il était une victime. Alors quand il lui parla de -S, elle réalisa qu'elle ne connaissait pas l'ampleur du problème, elle l'avait pris à l'envers, elle croyait que c'était un plaisantin, pas un danger :

- Mais pourquoi fait-il ça ? Que cherche-t-il ? Demanda-t-elle perdue.

Ce fut alors que Anders posa sa question et qu'elle le regarda en pleine réflexion. 1990. Tout cela remontait. C'était un an après son mariage et un an avant la mort d'Ivan. Oh, ça. A moins que ce soit autre chose qu'elle ait oublié.

- Je pense oui, pourquoi ? S'étonna-t-elle de la question.

Il lui tendit alors son propre appareil et en le regardant avec la plus grande interrogation, s'en empara. Elle le lut une fois, deux fois pour être bien sûre, releva furtivement le regard plusieurs fois pour ne pas être rassurée de voir Anders attendre une réponse. Elle se sentait un peu mal voire gênée. Comment savait-il que ... Non. Elle ne l'avait dit qu'à une personne sur toute la planète Terre. Ce n'était pas possible...

- Rien, ça ne veut rien-rien dire... Je ne comprends pas, ce n'est pas... Rien. Non rien. Elle se resservit un verre de la bouteille bien entamée, le buvant du même coup. Tu vois c'est ... Il y a longtemps et... rien. C'est -S, il... Je ne sais pas pourquoi il a dit ça mais il a menti pour toi, il m'a dit que tu le connaissais et c'est faux alors ... C'est une farce tout ça. Je ne comprends pas ce qu'il veut. Et à l'occasion, vraiment à l'occasion, elle savait mentir aussi. Aujourd'hui, c'était plutôt raté. Bon et si nous continuons, 1995 hein ?

Elle souffla se cachant un instant le visage entre les mains pour redevenir maitresse de ses expression. Elle se resservit encore une fois prête pour la prochaine anecdote.

- En 1995, ma soeur était déjà partie faire ses études. Une année plus tard donc... Les vacances au Canada peut-être ? La première fois que je skiais et je peux t'assurer que ce n'était pas glorieux. Même les enfants se débrouillaient mieux. Au final j'ai abandonné pour les attendre au chalet. C'était de bonnes vacances... C'était rapide mais c'était aussi le moyen de ne pas le laisser revenir sur le sujet précédent, du moins l'espérait-elle.

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Anders Weiss
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MessageSujet: Re: #1478 + Remember Me. ► Weister Mar 5 Jan 2016 - 20:27

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C'était très malsain de la part d'Anders, il cherchait inconsciemment à se faire du mal en posant des questions sur Riley, se disant qu'il ne connaitra jamais ces problèmes avec Samuel. Mais il voulait le connaître, c'était son but premier parce qu'il ne voulait pas être le genre de personne qui ne savait rien de son filleul. L'écrivain réagit à la mention de Sasha, il la connaissait, il lui semblait avoir lu son nom quelque part dans le journal du matin.  Il avait un peu du mal à suivre Grace qui parlait énormément, il n'était plus vraiment habitué à tenir une longue discussion et à rester attentif d'un coup. Avec l'alcool, c'était du suicide.. Ça faisait assez longtemps pour lui. Il hocha la tête

- Oui je vois... murmura-t-il, un peu soucieux.

Cela ne semblait pas être facile pour Riley de faire le premier pas après un an de silence, ce n'était pas pire que les vingt-deux ans de silence du côté d'Anders. Mais il comprenait qu'il n'osait pas parce qu'il était parti sans rien dire et c'était déjà assez délicat. Plus il prenait son temps pour aller la voir, plus il aura de la chance de la revoir très en colère et déjà ayant tourné la page. Il devra en parler un jour peut-être avec Riley à ce propos, si d'ici là la situation ne s'était pas vraiment arrangée. Si d'ici là, il réussira à sortir de chez lui... Si d'ici là ...

Il avoua qu'il était parti avec Chloé, sans entrer dans les détails. Cette idée s'était imprégnée dans sa tête quand il avait vu la famille de Grace se former, malgré qu'elle était une étudiante... Cela avait poussé Anders à réfléchir là-dessus et il avait finalement décidé de foncer, ça l'avait poussé à abandonner ses études.. Cette idée avait influencé son avenir et toute sa vie. Ce n'était nullement la faute de Grace, elle n'avait rien à voir avec tout cela.

- Grace, attends... Ne culpabilise pas. Tu ne m'as pas laissé tombé, au contraire... C'était maladroit ce que je viens de te dire... Tu avais une famille, tu savais que je fuyais la mienne à cause de mes parents... Mais je savais que je ne pouvais pas venir indéfiniment même si j'étais le bienvenue, même si ça ne te dérangeait pas. Je ne voulais pas t'apporter des problèmes de plus. Puis, ça m'avait donné envie d'en fonder une, pour être indépendant de mes parents. expliqua l'écrivain, essayant d'alléger le poids de la culpabilité parce que tout était de sa faute et il n'allait pas permettre qu'elle en prenne une part. Il avait eu des problèmes avec sa famille, mais il avait pu les régler depuis Lewiston et les remerciements qu'il avait eu c'était leur départ en Allemagne. Anders avait été blessé de leur réaction.
Il voyait le mauvais côté chez les gens, c'était un virus cette idée, il ne pouvait pas se débarrasser. Il voyait ces petits défauts et il essayait de trouver le meilleur pour compenser. Dans le passé, il faisait ça. Par exemple, son père était très dépensier mais c'était son père. Sonja n'était pas très communicative et donner signe de vie n'était pas son fort mais c'était sa soeur...

Weiss préférait rester chez lui avec les rideaux fermés. Il ne voyait que du mauvais chez les gens parce qu'ils s'efforçaient à ne jamais utiliser les meilleurs côtés, ils les utilisaient mal et presque jamais. -S avait compris ça, assez rapidement et il utilisait le mauvais côté de ces gens et les forçaient à se dévoiler. Anders n'était pas l'exception parce qu'il n'avait plus pris l'habitude d'utiliser ses meilleurs côtés. -S voulait rétablir la vérité, faire tomber les masques et que tout le monde arrête de se cacher.

Grace venait d'arriver à Lewiston, déduit Anders. C'était vraiment ça, parce qu'il ne voyait pas autrement comment son amie ait pu prendre la menace de -S à la légère. Elle ne le connaissait pas et elle allait apprendre maintenant.

- Je ne sais pas... Il cherche à révéler les secrets des gens pour qu'ils arrêtent de se mentir entre eux... Weiss était aussi perdu que Grace, il ne comprenait pas les actions de -S mais il savait qu'il était dangereux à laisser des menaces de mort.

Anders détestait -S pour cela, parce qu'il faisait ressortir le pire côté chez les gens. Il savait que l'écrivain ne pouvait pas passer à côté de ce message, il ne pouvait pas ne pas demander à Grace. Pour ça qu'il avait tendu son téléphone pour que son amie le prenne... Et il observa sa réaction en direct. Elle s'attarda longuement sur ce message, elle releva son regard plusieurs fois et elle commença à paniquer. Anders la connaissait assez bien pour comprendre qu'il y avait bien plus que ça dans cette histoire de 1990. Leur histoire de 1990... Un détail peut-être qu'elle ne lui disait pas et qu'elle ne voulait pas le lui dire. Voir Grace réagir comme ça l'inquiétait vraiment. Que s'était-il passé après ?

- Grace ? Rien, ça ne veut rien-rien dire... Je ne comprends pas, ce n'est pas... Rien. Non rien. Elle but cul sec son verre. Doucement... enchaina Anders qui se disait qu'il aurait vraiment pas dû lui montrer ce message.Tu vois c'est ... Il y a longtemps et... rien. Il était surpris qu'il ne pouvait pas savoir ce qui s'était passé, en fin de compte il n'était plus trop sûr de vouloir savoir maintenant. Tu m'inquiètes à parler comme ça... C'est -S, il... Je ne sais pas pourquoi il a dit ça mais il a menti pour toi, il m'a dit que tu le connaissais et c'est faux alors ... C'est une farce tout ça. Je ne comprends pas ce qu'il veut. Il me connait, il connait toutes ses cibles... Il te connait Grace car il semble savoir quelque chose que je ne sais pas en 1990. dit calmement Weiss. Il voyait à quel point elle mentait, à quel point elle était perturbée. Il ne comprenait pas ce qui s'était passé, elle avait bu le verre d'une traite. Le choc. Il récupéra son téléphone. ... Mais j'ai compris, tu n'es pas prête d'en parler. Non, ne me réponds pas. Je ne sais pas si je suis aussi prêt à entendre ce qui s'est passé aussi... C'était stupide de montrer ce message... Ne me réponds pas. fit finalement Anders avec la main levée pour l'empêcher de parler.

Bon et si nous continuons, 1995 hein ?
Elle mit ses mains sur son visage pour se reprendre, c'était une capacité qui impressionnait l'écrivain qui ne savait pas s'il était capable de faire comme elle.

- Oui, continuons... Il sourit tristement.

Quand elle se resservit, il remarqua que son verre était vide. Il se resservit à son tour pendant que Grace raconta brièvement son année 1995, où elle était allée au Canada. Elle avait fait du ski et Anders ne l'imaginait pas être une pro, il la voyait se casser la figure et il ne pensait pas ça pour se moquer d'elle. Au moins, elle avait voyagé au Canada, Weiss n'avait pas eu une seule occasion de quitter le pays... Il l'enviait pour ça. Elle resta silencieuse et les deux amis se regardaient.

Anders ne dit rien, il la regardait pendant quelques secondes. Il expira au bout d'un moment et baissa son regard. Il devait vraiment dompter cette envie malsaine de vouloir savoir. De vouloir chercher dans ses souvenirs ce qui s'était passé pendant les années 1990. Il n'allait pas forcer la main, comme -S. Il n'allait pas faire comme lui... Il n'allait pas devenir lui.

- Tu ne t'es pas cassé la jambe au moins, c'est déjà ça. Mais tu as pu essayer au moins. Il avait un regard moqueur. Il fit un signe du regard qu'elle devait boire.

1990... 1996 ... Non, il n'allait pas faire cette erreur de céder. Une petite grimace apparut au visage d'Anders quand il pensa les difficiles moments dans l'année 1996. - 1996...?  Ce n'était pas une très belle année pour moi... Je n'ai pas vraiment envie de parler de ça. Chloé était partie, je me suis retrouvé tout seul à m'occuper de Samuel et je m'étais blessé peu après... J'avais pensé à t'écrire et à reprendre contact avec toi, je me rappelle de t'avoir écrit une lettre, mais jamais l'avoir envoyée... Je n'osais pas, parce que tu m'en voudrais forcément et je ne voulais pas mettre le bazar dans ta vie, à faire tout un trajet de Chicago. Il but son whisky et soupira. ça compte pour une anecdote ou j'ai un gage ? Honnêtement, avoir un gage, il s'en foutait.

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MessageSujet: Re: #1478 + Remember Me. ► Weister Mer 6 Jan 2016 - 0:15

Remember Me.
anders et grace

La culpabilité.
Cela la prit sans crier gare. Elle détesta Anders pour ce fait. Il était celui responsable de sa fuite, pas elle. Et pourtant, dans ce qu'il dit, elle eut la sensation d'être responsable de son départ. Elle ne pouvait pourtant pas se sentir coupable d'avoir eu une famille, un mari aimant et deux fils merveilleux. Elle ne pouvait rien se reprocher du tout. Et pourtant elle le fit ! Était-ce de sa faute s'il était parti ? S'il ne lui avait rien dit de sa relation avec Chloé ? Elle se sentait coupable d'avoir une famille pendant que lui fuyait la sienne, d'afficher la joie d'avoir un puis deux enfants alors que lui n'était qu'un étudiant. Elle avait pris trop d'avance, elle s'était trop rapidement mis en couple peut-être ? C'était pourtant ce qu'elle voulait à l'époque et elle l'aurait refait. Parce que Thomas était l'homme parfait tandis que ses enfants étaient le symbole même de tout ce qui pouvait faire la joie de vivre. Mais Anders, peut-être la rassura sur sa culpabilité et peut-être qu'elle se sentait un peu mieux à ses mots. Il n'en restait pas moins qu'elle se demandait ce qui se serait passé si Anders était resté. Est-ce qu'ils auraient tous les deux vécus les mêmes peines avec leurs enfants ? Est-ce qu'ils auraient fini par s'éloigner malgré tout ? Elle ne savait pas et ne pouvait que l'imaginer. Personne ne pouvait revenir en arrière, elle y comprit.

- Je comprends. Non, elle ne comprenait pas,pourquoi il avait fallu l'éloignement pour qu'il se fasse une famille ou pourquoi il croyait lui créer des problèmes. Mais ne voulait pas avoir cet air plein de regrets qu'elle se savait capable d'avoir. Des regrets et de la rancœur n'étaient pas permis. Pas autant envers son ami. Aussi, elle sourit maigrement.

Ce fut ensuite que tout se gâta encore plus. -S et ses interventions. Elle n'avait pas compris pourquoi Riley semblait si inquiet à ce sujet ni pourquoi il lui proposait de ne pas s'installer en ville simplement à cause de quelques messages mais c'était maintenant plutôt facile à comprendre. Cette personne, homme ou femme, représentant une personne ou plusieurs n'avait d'autre but que de s'amuser avec les gens. Un farceur oui mais plus que ça encore, il avait des objectifs plus mauvais qu'elle l'aurait cru. Quand Anders répondit, elle ne fut pas convaincu.

- Comment il sait tout ça ? Un secret par définition est ... secret. Je ne vois pas ce qu'il y gagne. Il ne peut pas croire que tout le monde a quelque chose à cacher... qui mérite d'être su. Et si, il le pouvait apparemment.

Il y avait bien quelques phrases qui disaient que tout le monde avait quelque chose à cacher. Grace n'était pas sans savoir que tout le monde pouvait avoir des choses à cacher mais de là à vouloir les révéler... Ce n'était parfois rien... Anders lui montra alors son téléphone et elle ne fut plus certaine de tout ce qu'elle pensait avant. Parfois rien ... Oh si c'était quelque chose du moins à l'instant précis mais ça ne méritait pas d'être ainsi mis en avant. C'était du passé, c'était fini tout ça. Il n'y avait plus aucune raison que ça sorte. Elle n'avait jamais rien avoué mais ce n'était pas vraiment un mensonge n'est-ce pas ? Plus une confession... Qu'elle ne pouvait pas faire sans devoir fuir à tout jamais, de honte surtout, de malaise et de gêne ensuite.

Elle but à toute vitesse en répondant de manière saccadée. Anders avait le temps de s'inquiéter et elle fixait le fond de son verre pour éviter de croiser son regard. L'alcool lui donnait chaud et en plus du reste, elle crut sentir des rougeurs apparaître sur son visage. Non vraiment elle ne voulait pas en parler et ne plus s'empêcher de grommeler :

- Pas qu'en 90... Et elle le laissa bien volontiers continuer pour la dispenser d'une réponse. C'était ça ou la fuite de toute façon, à moins qu'elle finisse toute la bouteille en refusant de laisser Anders à peine retrouvé.

Après avoir parlé de leurs enfants, tout cela semblait sorti du contexte et -S choisissait vraiment mal son moment. Elle stressa un instant qu'il devine ce dont il était question et ne voulait pas en entendre parler, elle se sentit sensiblement blessée si c'était le cas mais également soulagée de ne rien devoir admettre. Elle raconta alors son anecdote suivante, passant sur les détails, un peu trop embrumée dans l'alcool pour citer les moindres petites choses avec exactitude. Anders répliqua alors et Grace réussit à sourire. D'un moment à un autre, elle contrôlait ses expressions avec un peu trop de facilité. Elle se sentait comme une menteuse, sans toutefois raconter de mensonge...

- Tu parles, j'aurai préféré me casser la jambe, ça aurait évité de me retrouver avec toutes les corvées. Et bêtement peut-être, elle ajouta : Un jour peut-être, tu pourras essayer.

Au tour d'Anders et cette fois, -S ne viendrait pas les interrompre, pas encore ... Il avait déjà fait sa mauvaise action de la journée, du moins l'espérait-elle. Grace fut étonnée d'apprendre ce qu'il voulut bien raconter et triste pour lui, encore une fois. Peut-être également curieuse quand elle entendit parler de la lettre. Avait-il un gage ? Bon sang non ! Ça valait une anecdote. C'était un résumé qui convenait à Grace. Cela bien sûr sans compter qu'elle ne voulait pas mettre fin au jeu. Elle n'attendit pas son tour pour boire un nouveau verre et répondre :

- Ça compte ... bien sûr ! Dit-elle un peu lentement se rendant à peine compte que l'alcool lui faisait déjà un effet monstre. Elle cherchait ses mots et le regardait avec un semblant d'air théâtrale. Où est-elle maintenant, ta lettre ?

Elle aurait bien été curieuse de la lire, de savoir ce qu'il aurait pu vouloir dire. Si seulement il l'avait envoyé... Ils se seraient retrouvés plus tôt. Et cette pensée lui amena quelques larmes aux yeux. Mais elle ferma les paupières en espérant les chasser. Oh non ... pas à nouveau des larmes.

- J'aurai tellement aimé que tu l'envoies... Elle soupira en y pensant, reprenant un verre essayant de se souvenir du nombre déjà bu, au moins cinq et fixa lentement Anders avec un sourire triste. Ca fait longtemps que je n'ai pas bu autant... Je ne suis pas sûre que ça s'allie bien avec ... le reste... Et par reste, elle entendait une certaine médication que Riley l'avait poussé à continuer malgré l'amélioration nette de son état mental. Ça lui faisait parfois songer qu'elle était folle ou impotente...

Mais au lieu d'y songer il lui fallait parler de 1996... Toutes ces années avaient leur part de joie et de tristesse. Bien sûr, rien de comparable à la perte de Jamie ou de Thomas mais suffisamment pour la déprimer encore un peu. Bon sang, elle était une catastrophe. L'alcool lui empêchait cette capacité naturelle à l'auto-discipline, ça s'évaporait peu à peu.

- Andy... Je suis désolée... Je suis venue pour ... je ne sais pas trop pourquoi je suis venue, je voulais juste être là pour toi et au final, je ne fais juste que... qu'empirer les choses... Alors elle se rendit encore compte de ses paroles et se frappa le front brièvement. Je suis conne... Qu'elle était pitoyable et se reprit aussitôt affichant à nouveau un visage plus fermé. Donc... 1996... Je ne sais pas quoi, on était plutôt tranquille à ce moment-là. Il y a peut-être eu cet incident, je ne sais plus trop si c'était cette année-là ou la suivante, enfin bref. On était en voiture, je crois qu'on revenait d'une fête ou d'un match des garçons, il était tard et tout le monde était fatigué. J'ai du m'endormir un peu et c'est Thomas qui m'a réveillé. Sur l'autoroute il y avait deux voitures qui nous suivaient. L'une d'elle était plus tôt à notre hauteur. On a vite compris que ces jeunes étaient ivres, ils pensaient faire une course, que tout le monde était invincible. J'ai vraiment eu peur qu'ils nous fassent nous déporter. Thomas a du accélérer pour essayer de les semer... Tout s'est finalement bien fini quand on a quitté la bretelle d'autoroute mais ça a suffit à me rappeler qu'on était vraiment jamais en sécurité sur la route... ça n'a malheureusement pas été assez.

Elle allait pleurer c'était certain et s'énerva après elle-même.

- C'est pas vrai ! Un mal être profond la prenait et elle se refusait à se laisser aller. Une honte, c'était une honte de ne plus être capable de tenir l'alcool. Quelles retrouvailles, vraiment ! Un autre verre ne peut pas faire de mal... Elle en prit un nouveau, un mal de tête retentissant le suivant de peu. Génial !

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MessageSujet: Re: #1478 + Remember Me. ► Weister Mer 6 Jan 2016 - 23:40

Remember Me
anders et grace




-S savait tout.
Il était capable de savoir ce qu'à fait une personne. Même si elle n'avait jamais rien dit de son secret à n'importe qui ce que ce soit et que ce secret remontait avant la création de -S. Il était capable de tout retrouver, à croire qu'il avait ce pouvoir de regarder la personne et de connaître toute son histoire. Grace ne comprenait pas l'étendue de la menace et elle avait pris ce sujet à la légère avant de venir ici. Elle venait de comprendre quand elle avait lu le message de -S, sans toutefois le dire à Anders... L'écrivain n'était pas dupe, il avait compris qu'elle venait de recevoir un message de -S et que la réponse se retrouvait dans la première question : s'il connaissait -S. Non, il ne le connaissait pas. C'était ce qu'il avait répondu à Grace et c'était la vérité, il ne le connaissait p.... Il perdit le fil de ses pensées quand son amie lui posa la question, la question qui faisait débat chez les habitants à Lewiston : comment pouvait-il tout savoir ? Anders fit une longue inspiration, il réfléchit à la réponse qu'il pouvait donner, le regard dans le vide.

- Le soucis est que, il peut le croire. Il croit dur comme du fer que tout les secrets cachés doivent être su. Je crois que, un secret pour lui, c'est un mensonge... Je ne sais pas Grace, je ne sais pas comment il fait... Tu me poses une question qui restera sans réponse.

C'était la seule réponse qu'il pouvait donner à propos de -S. Anders avait reçu tellement de messages de lui, il avait même lu des menaces de mort et il le prenait au sérieux. Dans le fond, -S lui faisait de la peine. Il cherchait à pousser les gens à se poser des questions sur les autres. Il observait les gens perdre la confiance des autres quand ils apprennent le secret. Il était là et pas là à la fois.
-S était la personne qui avait réussi à pousser Anders à devoir parler de ce qui s'était passé en 1990 et ça avait mit Grace dans tout les états. -S n'aurait pas pu attendre du tout ? Ils venaient de se retrouver et -S leur a envoyer des messages qui les aurait perturbé l'un et l'autre. Que la situation était délicate et était-ce là la vengeance ?
Weiss n'avait pas voulu savoir ce qui s'était passé en plus, en 1990. Il s'était passé quelque chose et il commençait à se faire des idées, mais il n'osait pas de les dire à haute voix, de demander du regard. Il préféra rien oser. Passer à autre chose, écouter l'anecdote de 1995 de Grace. Elle avait finalement abandonné le ski pour rester dans la maison. Elle avait lancé qu'il pourrait essayer un jour, Anders réagit en se pointant du doigt.

- Tu rêves. C'est mort le ski pour moi. Il ne pouvait pas en faire, il n'avait jamais apprécié la sensation de glisser et l'idée de pouvoir perdre le contrôle. Il n'avait jamais eu cette envie. Tu as pu visiter le Canada ou tu es vraiment restée toute la journée dans le chalet à faire les corvées ?

Anders n'avait pas pu quitter Chicago pour aller en Allemagne. Il connaissait très bien la langue et il se souvenait toujours des mots, des phrases... Il pratiquait à l'écrit et l'oral n'était pas un problème. Il savait presque tout sur l'Europe, mais il n'avait jamais eu cette occasion de visiter une ville. Weiss n'avait pas d'argent et pas forcément le temps. Il avait tenté de rejoindre Sonja pour une fête de Noël avec Samuel, il y avait cela quelques années. Mais il avait dû annuler à la dernière minute....
Pour continuer sur la lancée des années, sans revenir sur l'intervention de -S. Anders essaya de faire un effort pour raconter ce qui lui était arrivé en 1996, l'alcool venait d'influer dans le contrôle de ses paroles et pensées. Il se serait retenu de lui dire qu'il avait écrit une lettre. Cette lettre qui contenait toute la vérité, tout ce qui s'était réellement passé pour qu'il soit parti. Weiss venait de se rendre compte de sa bêtise et maudit l'alcool sur ce coup-là. Bien qu'il était celui qui était le plus sobre des deux.

- Tu devrais aller doucement avec le whisky Gracie. Tu ne vas pas tenir le reste des années sin.. Elle lui demanda où était la lettre maintenant, ce qui avait interrompu Anders. Son air désemparé montra qu'il n'avait aucune idée.

La lettre.
Où-est ce qu'elle était maintenant ? Cette feuille qui avait vieilli et qui avait toujours sa place dans cette maison. Cette lettre qui contenait la vérité, -S n'aurait pas du mal à la trouver et l'utiliser contre lui. Cette lettre qui était quelque part dans sa maison... L'écrivain chercha dans ses souvenirs.

- Elle doit être avec les photos ... dit Anders dans un murmure à peine perceptible.

C'était la dernière fois qu'il avait vu cette lettre, avec d'autres. Chloé et Samuel n'étaient pas les seuls, Grace et même les enfants Foster en faisaient partis. Il avait du mal à avaler sa salive en repensant au contenu... Ils se seraient retrouvés quelques années plus tôt et peut-être que les choses ne se seraient pas passées comme elles devraient se passer. Peut-être qu'il serait retourné à Chicago avec Samuel. Les grandes villes avaient toujours mis à l'aise Anders parce qu'il ne pouvait pas connaître tout le monde et les potins ne circulaient pas facilement. Il ferma les yeux et soupira.
J'aurai tellement aimé que tu l'envoies... Il savait et il ne ne le disait pas, parce qu'elle savait qu'il le savait. Son regard suffisait pour envoyer ce message. Il aurait dû, mais il ne l'avait pas fait. L'écrivain regarda la bouteille pour voir ce qui en restait. Il n'avait pas pu terminer son verre que Grace en était déjà plus ou moins à son cinquième.

- Avec le reste ? répéta Anders Je vois que tu n'as pas bu depuis longtemps, tu devrais y aller doucement Gracie.

Il répétait déjà ça, mais il était sûr qu'elle n'allait pas l'écouter. Elle était déjà sous l'effet de l'alcool et ne se contrôlait pas mieux qu'Anders. Elle n'avait pas bu autant depuis des années apparemment. Il buvait régulièrement l'alcool. Une bouteille par semaine et c'était sa bouteille de la semaine qui y passait complètement avec Grace. Elle avait du mal à se contrôler.
Silencieusement il l'écouta, elle était désolée parce qu'elle était venue pour lui de base. Elle avait appris pour lui et était venue. Anders secoua la tête, elle ne faisait qu'empirer les choses. Elle restait quand même la personne dont il était ravi de retrouver, même si ce n'était pas au plus grand de sa forme, elle le faisait sentir moins seul... Presque moins seul sur certains points. Il ouvrit la bouche pour répondre, mais elle enchaina en se tapant sur sa tête et reprit le jeu, en parlant de 1996.
Elle parla de son expérience de voiture, avec Thomas. Une expérience qui n'était pas très bonne mais Anders était soulagé qu'il ne lui est rien arrivée... Avec l'alcool, il avait cru que Grace allait lui lâcher qu'elle avait eu un accident de voiture avec Thomas. Ils s'en étaient sortis indemne. Il voyait les yeux de son amie brillants, depuis tout à l'heure elle était sur le point de pleurer. Il porta son verre à ses lèvres et le termina.
Elle s'énerva contre elle, le ton monta et elle prit la bouteille pour se servir.

- Grace..

Elle but son verre, cul sec.

- Je pense qu'on va s'arrêter là. Tu ne vas pas être mieux demain... dit Anders.

L'alcool n'aidait pas, mais il avait envie de sortir une seconde bouteille. Cependant, il n'était pas suffisamment ivre pour s'en foutre et de se bourrer la gueule avec elle. Pour un bon retour en arrière. Il prit la bouteille presque vide et la montra à son amie.

- Elle est vide et je n'ai pas une seconde bouteille. Même si je sortais pour en acheter une, il n'y aurait pas une épicerie d'ouverte à cette heure vu qu'ils sont tous en train de faire le réveillon... Même s'il y a une fête de voisins pas loin, je préfère plutôt mourir que de sortir.

Ça avait toujours été hors de question et ça le sera toujours. Sortir c'était se confronter à nouveau à ces rumeurs. Anders ne voulait pas dire qu'il avait une seconde bouteille dans sa cuisine, dans le placard mais il avait préféré omettre ce détail pour éviter de voir Grace se faire du mal.
Enfin elle était presque vide la bouteille, mais Anders se servit et voilà.
Maintenant.
Bouteille vide.
L'écrivain n'avait pas la moitié du verre et il but le tout devant Grace. Il était silencieux et ne sembla pas vouloir raconter l'année 1997. Il soupira.

- Si tu n'étais pas venue, je n'aurai pas remarqué qu'on était en début de soirée... Et j'aurai fini de déjeuner et probablement ... essayé de me motiver à ranger ce salon. Puis repousser cette tâche, aller écrire pour finalement ne pas écrire... Il déposa le verre sur la table, la bouteille aussi Je ne m'attendais pas à te voir Gracie, que tu viennes me retrouver... On ne s'est pas vu depuis vingt-deux ans et on aurait très bien pu ne pas se revoir. Mais aujourd'hui, c'est le cas et on se retrouve ... Franchement pas au top de notre forme tous les deux. Boire ne nous fera pas mieux aller. Il releva son regard vers elle, avec un petit sourire triste. Je n'ai pas autant parlé depuis des mois, j'en ai mal à la gorge... Et je me sens moins seul maintenant. Même si j'aurai préféré qu'on partage des points en communs .. Plus joyeux. Tu étais venue ici parce que tu avais besoin de retrouver un vieil ami Grace. Voir si je suis resté le même Anders que tu as connu... Il avait changé physiquement et mentalement, il avait la sensation qu'il n'était plus du tout le même. Grace et lui avaient leur histoire différentes. Je me rends compte que voir un visage que je n'ai pas vu depuis des années était un plus beau cadeau et surprise qu'on pouvait me faire cette année. En dehors de l'intervention de -S qui venait de gâcher les retrouvailles, il ne devait pas être content de voir deux vieux amis se réunir. Et ces retrouvailles ne vont pas certainement s'arrêter là...


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MessageSujet: Re: #1478 + Remember Me. ► Weister Jeu 7 Jan 2016 - 14:49

Remember Me.
anders et grace


-S.
Elle avait du mal à imaginer ce qui pouvait pousser quelqu'un à faire ça. Il cherchait quelque chose ou était simplement fou. C'était la seconde explication la plus logique. Il trouvait son bonheur éphémère dans le malheur des autres. Anders, lui, semblait avoir un semblant d'autre théorie même si rien ne pourrait mieux expliquer le pourquoi du comment que -S lui-même. Malheureusement, elle ne pouvait pas lui demander. Peut-être le croiserait-elle même en ville sans le savoir, peut-être même l'avait-elle déjà croisé ! Tout était envisageable et c'était se méfier de tout le monde que de chercher. Grace refusait de ne plus avoir confiance en l'espèce humaine, même si ce n'était que la population réduite de Lewiston. La ville avait l'air sympathique quand elle ne mettait pas tout en oeuvre pour s'en prendre à Anders d'une façon ou d'une autre par des mots blessants ou des rumeurs infondées.

- Un jour on saura. Dit-elle remplie d'une mauvaise certitude.

Cela avant de comprendre que lui aussi avait reçu un message et que ça la concernait elle. Cela avant de se demander comment il avait pu savoir ça et surtout qu'est-ce que ça pouvait bien lui apporter de le révéler à part qu'elle fuit de honte et que leur amitié soit sans doute morte à jamais... Alors si son but était de faire en sorte qu'Anders reste seul à jamais, Grace comptait bien tout faire pour le contrer. Cela jusqu'à ce que son secret sorte... Là, sans doute qu'il ne la regarderait plus de la même façon et que, de toute manière, elle aura perdu son amitié. Il était assez éprouvé sans que ses propres petits mensonges et même mensonges à elle-même ne viennent sur le tapis. Ce n'était pas son jour, c'était celui d'Anders. Enfin, plutôt c'était le réveillon du jour de l'an. Étonnant concept que de festoyer l'acquisition d'une nouvelle année et d'une ride en plus...

Elle préféra donc se concentrer sur les anecdotes et l'alcool l'aida à se concentrer, du moins le crut-elle. Les vacances au Canada furent les suivantes et elle tenta d'imaginer Anders sur des ski.

- Dommage, ça aurait fait de bonnes photos ! Se moqua-t-elle un peu. Je suis plutôt restée au chalet ou j'allais jusqu'au village à côté. Je ne me suis pas vraiment éloignée, les enfants adoraient ça donc Thomas les y emmenaient tous les jours et je devais être là quand ils rentraient le soir. Je me suis trouvée une nouvelle passion pour le tricot cette année-là. C'était bien sûr ironique. Elle avait détesté ça mais reconnaissait que ça faisait passer le temps et qu'elle avait été satisfaite du résultat quand elle avait pu offrir un pull à Thomas après plus de trois semaines de tricot acharné.

Anders raconta son année suivante. Était-ce étrange que d'avoir envie de le réconforter après qu'il ait parlé du départ de Chloé, d'un accident, d'élever Samuel seul ? Grace, elle, avait eu la chance d'avoir Thomas à ses côtés. Mais au lieu d'esquisser un geste dans sa direction, elle reprit un verre et entendit à peine sa recommandation et demanda pour la lettre. Il avait écrit une lettre. Il ne l'avait jamais envoyé et elle, elle aurait voulu la lire maintenant.

- Je pourrais la lire ? Elle doutait de la réponse mais ne pouvait que poser la question. Elle était assez peu sobre pour rencontrer quelques difficulté à l'auto-discipline.

Oui, elle aurait aimé qu'il l'envoie, ils le savaient tous les deux. Le problème était qu'on ne retournait pas en arrière et que ce qui était fait, était fait. Ce qui ne l'était pas ... restait non fait. C'était une constante de l'Univers. Encore un verre et elle savait qu'elle vivait la bouteille d'Anders. Elle aurait au moins pu lui en laisser. Aussi se fit-elle une réflexion plus à elle-même qu'à lui. Mais il était là et entendit et elle haussa les épaules.

- Ça fait bien longtemps que plus personne ne me dit quoi faire. Elle souffla un coup et reprit : Puis si j'en... Faut départ, elle s'était sortie de ses idées noires depuis un moment, Riley était ce pourquoi elle ne pouvait pas replonger avec l'aide de l'alcool. Ce n'est pas comme si j'avais beaucoup de route à faire pour rentrer. Et je n'ai pas pris les médicaments, aucun risque !

Après quoi elle s'aventura à raconter autre chose parce qu'elle était une mauvaise amie, qu'elle rendait les choses pires qu'elles étaient. Il réagit peut-être mais elle n'y prêta pas attention avant de parler de son année 1996. Un incident similaire à ce qui leur était arrivé l'année dernière. Elle essayait encore de comprendre comment la joyeuse date de son mariage avait pu devenir un jour de deuil. Il y avait déjà un an. Et Thomas lui manquait. Pour la sécurité qu'il apportait, l'amour qu'il lui portait, pour être le mari idéal, pour ses blagues et son air de mauvais garçon qui n'avait pas changé avec les années. Il faisait d'ailleurs vraiment pingouin dans ce costume trois pièces qu'il avait du acheter pour une cérémonie à laquelle il avait accompagné Grace quelques années plus tôt. Ils en avaient ri tous les deux et c'était un bon souvenir. Elle pouvait en avoir beaucoup d'autres ainsi mais décembre était une mauvaise période. Il lui faisait se remémorer le pire de leurs moments, sa fuite lâche pour échapper au deuil de leur fils et bien sûr l'accident si elle pouvait le nommer ainsi...

Elle but cul sec avant de regarder Anders. Il avait parlé ? Oui, il avait parlé et continuait.

- Mais... Il l'interrompit en montrant la bouteille et elle eut une grimace gênée. Oups, il se pouvait en effet qu'elle ait bu une bouteille à elle seule, cette pensée lui fit se sentir mal. Le Whisky n'avait jamais été son alcool favoris et pourtant, elle l'avait bu comme on boit un petit lait. Moi, je peux y aller ! Dit-elle en réponse à sa phrase, se levant d'un coup et se souvint que la planète Terre tournait sur elle-même. Elle en avait la preuve à l'instant et grogna en se rasseyant.

Elle le regarda terminer la bouteille et ne savait pas à quoi s'attendre maintenant. Plus d'alcool, plus de jeu. N'était-ce pas ? Elle le regarda dans l'attente sans même penser à dire quelque chose. Anders sembla alors se confier à moins qu'il ne faisait qu'énoncer des faits et elle n'eut rien d'autre à faire que d'écouter et le regarder. Elle le détaillait peut-être un peu encore au cas où ils ne se reverraient pas avant les vingt prochaines années, elle aurait au moins de quoi se souvenir de lui. Entendre son surnom de sa bouche la faisait toujours un peu sourire. C'était léger mais c'était mieux que des larmes. L'Univers d'Anders n'avait rien de ce qu'elle lui avait connu. Essayait-il de lui dire qu'il avait trop changé pour tout ça ? Elle l'avait cru en arrivant mais elle s'était rassurée et maintenant, elle doutait encore. S'il la chassait elle allait pleurer c'était sûr.

Elle avait mal pour lui, pour ce qu'il vivait pour l'enfer dans lequel il se trouvait. Elle pouvait l'imaginer. Et cette fois avoir un mari ou une femme à côté de soit ne changeait rien. C'était la même peine, le même désarroi, la même incompréhension face au drame. Elle connaissait le pourquoi du décès de Samuel, ce n'était pas possible de ne rien savoir. Tout le monde en parlait. De sa disparition, de sa réapparition, de son mutisme et de son suicide. Elle n'osait imaginer ce que vivait Anders. Elle lui aurait pris sa peine avec plaisir, elle n'était plus à ça près. Il ne méritait rien de tout ça. Il avait peut-être été un gamin un peu abruti avec les filles jusqu'à ce qu'elle arrive à se faire respecter mais le reste du temps, il était un homme bien. Il réussissait toujours à faire sourire et se faire aimer de tout le monde. Parce que oui, à la surprise générale, la grand-mère de Grace avait été conquise par ce garçon qui ne venait pourtant pas du même milieu qu'elle. Il ne méritait pas tout ça. Personne ne méritait de perdre un enfant ceci dit.

Elle le regardait toujours quand il eut ce sourire triste et qu'il poursuivit. Voir s'il était toujours le même Anders. Peut-être. Elle était surtout venue pour le retrouver. Alors voilà, allait-il lui dire qu'il était différent et que malgré la compagnie qu'il disait qu'elle apportait, allait-il lui demander de partir ? Elle eut les larmes aux yeux avant d'entendre la fin de son monologue et sourire un peu.

- J'ai cru... que tu allais me demander de partir. Une franchise qui lui faisait mal. Les prochaines retrouvailles, on pensera à éviter l'alcool ok ? Parce que visualiser la Terre qui tourne est moins drôle qu'il n'y parait.

Elle se laissa tomber en arrière, le canapé lui permettant de s'affaler. Le visage tourné vers Anders elle trouva sa main comme seul contact et remerciement.

- Bonne année Andy. Dit-elle, ayant regardé sa montre la seconde précédente. Rassure-moi, on n'attendra pas vingt autres années pour se revoir ? Sinon je ne pars pas...

Ce qui était sûr c'était qu'elle ne voulait pas être seule, pas maintenant, plus tard. Elle se savait aussi moins apte à assumer une conversation bien intéressante. Elle ferma es yeux en sentant un marteau piqueur s'en prendre à sa tête. Maudit whisky !

- Tu as faim ? Elle était chez lui mais pouvait quand même cuisiner non ? Enfin sauf si le seul ingrédient dont il disposait était le whisky vide. Elle la posa toutefois plus pour faire la conversation qu'autre chose.

Elle ne lâchait pas sa main, ça lui rappelait qu'elle n'était pas seule à l'instant et pouvait compter sur son amitié, le croyait-elle. Il pouvait compter sur la sienne. Ils se retrouvaient et parlaient de ce qui faisait mal. Il ne pouvait toutefois pas en être autrement. C'était présent dans chaque année, chaque moment de leur vie. S'ils comptaient parler des vingt-deux années, il faudrait en venir à ce qui était douloureux. Elle voulait lui demander... Elle voulait connaître Samuel, par son intermédiaire. Mais au lieu de ça, rit brusquement. Grace pensait avoir l'alcool triste mais c'était sans doute seulement les circonstances. La vérité, elle n'était ni gai ni triste, simplement malmenée par son émotivité. Trop sensible, ça se démontrait encore maintenant et l'alcool n'aidait rien.

- Tu sais que Thomas te regrettait aussi ? Qui l'aurait cru. Il n'arrêtait pas de dire que tu aurais fait un bon modèle pour les garçons. Tu te rends compte ? Ce jour-là j'ai cru rêver ! Ça avait été une véritable surprise de l'entendre dire ça. Autant dire qu'il l'avait regretté parce qu'elle l'avait embêté avec ça un moment. C'est un peu étrange d'être là maintenant. Je crois que j'avais tiré un trait sur tout ça. Je ne pouvais pas plus m'inquiéter pour toi et puis j'ai entendu dire que tu étais là. Mon premier sentiment a été la joie et puis je me suis rappelée que je t'en voulais. Mais tu sais, en te voyant, c'est dur de garder rancune. J'essaie pourtant ... mais tu fais partie de ce qu'il me reste de ma famille d'une façon et je ne peux pas simplement t'en vouloir d'avoir vécu ta vie. C'est parfois compliqué... Je ne sais pas ce qu'on va faire après ce soir. Est-ce que tu voudras encore que je vienne ? Ou est-ce que tout ça est du passé ? Est-ce qu'on peut encore partager quoique ce soit sans alcool ou sans larmes ? J'ai peur qu'on ne puisse plus être ... amis ? Que tu ne veuilles plus ça après ... tout le reste. Elle ne le regardait pas en disant ces mots. Ça la pousserait à pleurer et montrer toute sa crainte. Au lieu de quoi, elle serra sa main, fixant le plafond.


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