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 #10 Petite visite à l'improviste [Chris & Terrie]

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MessageSujet: #10 Petite visite à l'improviste [Chris & Terrie] Dim 31 Mai 2015 - 17:19



Petite visite à l'improviste.

  

Je ne comptais pas sur une visite à l'improviste de ta part en ce début d'après-midi alors que je bosse sur cette bécane que j'ai trouvé il y a quelques temps et décidé de retaper afin que tu puisses avoir une moto de remplacement étant donné que l'autre est désormais à la casse suite à l'accident dont tu as été victime l'année dernière. Il s’est passé du temps et tu n'as pas refais de moto depuis ou du moins tu ne l'as jamais remplacée et je me suis dit que ce serait une surprise qui pourrait sans doute te faire plaisir après tout ce temps écoulé. Et s'il faut t'aider à reprendre confiance concernant le fait de grimper à nouveau sur une bécane, tu pourras compter sur moi.

Concernant l'accident, je ne sais pas grand chose sur les circonstances de ce dernier ou du moins je n'ai jamais cherché à poser de questions pour en comprendre mieux certains détails. Tu me connais, je ne suis pas de nature curieuse, enfin un minimum comme tout le monde mais pas du genre à poser trente six mille questions dans le but de vouloir tout savoir. Je préfère laisser les gens venir à moi pour se livrer d'eux même sans que je n'ai à le leur demander. D'ailleurs, il est déjà pour ainsi dire rare que je m'intéresse à quelqu'un d'autre qu'à ma famille. Je n’ai jamais spécialement cherché à me faire des amis. J'apprécie ma solitude. Je supporte les gens jusqu'à un certain point. Mais il y a néanmoins quelques exceptions, lesquelles je n’ai pourtant pas cherché à créer, et qui ont, dois-je l'avouer, une certaine importance dans ma vie. Quoi que je me demande vu l'aisance que j’ai à tirer un trait sur certaines personnes ou au fait de me faire à leur absence du jour au lendemain, si finalement on peut qualifier cela de réel attachement. Au final, est-ce que c’est si important ? Je ne m’embarrasse en général guère de ce genre de questions existentielles. Je vis ce que j’ai à vivre, peu importe si ça se termine d'un jour à l'autre. La richesse de la vie c’est aussi de rencontrer des gens et d'en apprendre ou d’en tirer de bons moments ou souvenirs même s'ils ne sont pas appelés à rester dans notre vie.

Je me demande néanmoins si je n'évolue pas au fil du temps. appelez ça de la maturité si ça vous chante. Quant à moi j'y vois juste de nouvelles expériences, plus ou moins plaisantes selon le cas dont certaines dont je me serais parfois bien passé. Ce qui m'arrangerait en revanche face à toutes les rencontres qui se présentent face à moi ces dernières années, c'est que ma paix soit préservée. J’ai quelques emmerdes comme tout le monde et je n’ai pas envie de me coltiner ceux des autres. On n'y échappe malheureusement pas toujours. Disons que ça pimente la vie.

Mais revenons à ce qui m'a conduit à ces réflexions. Tu vient d'arriver à l'improviste et m'a surpris après cette bécane dont la réparation avance doucement. C’est toujours un plaisir de te voir et je te salue, un petit sourire au coin des lèvres. Je dois avouer qu'après l'accident, j'ai quelque peu flippé de te savoir dans le coma. Et puis il a fallu nous ré-apprivoiser lorsqu'à ton réveil, on t'as diagnostiqué cette amnésie. Je ne crois pas que je me serais secoué pour qui que se soit d'autre en dehors de ma famille et ainsi te donner quelques pistes pour t'aider à retrouver la mémoire durant ces longs mois jusqu'à présent. Je n’ai certes pas fais grand chose d'extraordinaire mais j'ai tout de même fais l'effort de me montrer plus causant et avenant qu'à l'accoutumée. Un détail qui prouve la place que tu t'es faites dans ma vie.

Je t'offres à boire tandis que je récupère des bières dans la glacière posée à côté de moi. Nous nous trouvons vers l'entrée du garage, à l'extérieur. Vu le temps, ce serait con de s'enfermer et j’aime trop être dehors pour songer uen seconde à bosser enfermé dans un garage.
Nous trinquons et je te pousse à te rendre utile en me passant quelques outils dans la caisse à côté de moi.

- Non pas cette clé-ci, t'indiquais-je alors que tu me passes la mauvaise taille. Le manche bleu.

Tu me tends le bon outil et je t'adresses un regard amusé qui semble te tirer l'ombre d'un sourire.

- Tssss ... lâchais-je ne secouant lentement la tête de gauche à droite pour cacher ce trouble que tu parviens parfois à faire naitre en moi et cette facilité déconcertante que tu as de me faire sourire.



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Terrie M. Austen
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MessageSujet: Re: #10 Petite visite à l'improviste [Chris & Terrie] Dim 31 Mai 2015 - 19:27

Chris ∞ Terrance
Notre passion va nous nourrir et je vais retrouver le sourire dans le regard de tous les miens…

Les derniers jours passés n’ont pas été les meilleurs de ma vie. Ceci dit, mes souvenirs ne me remontant qu’à un an seulement, ce que je nomme « ma vie » est en réalité très réduit. Les vingt-six premières années de ma vie ont totalement disparu, et peut-être que je ne les retrouverai jamais. Quand on y pense avant cet accident, je me souvenais toujours de tout, je n’oubliais jamais rien, quand bien même je l’aurai souhaité. Hypermnésie, ou suractivité anormale du cerveau dont je souffrais depuis la naissance. Aussi lorsque cette remise-à-zéro forcée était intervenue, à mon réveil à l’hôpital, j’avais eu la sensation d’un vide énorme. Pas seulement parce que je ne me souvenais de rien, mais aussi parce que j’avais perdu énormément plus qu’on ne pouvait le croire. Malgré l’amnésie totale, mon hypermnésie, elle, n’avait pas disparu et je me souvenais de l’année écoulée dans les moindres détails, même les plus insignifiants. J’avais espéré retrouver des souvenirs, mais après un an, j’en avais si peu que je n’y croyais plus. Et le peu que j’avais retrouvé, n’avait rien de plaisant. Dans l’espoir d’en retrouver plus, dans l’espoir que ce soit des souvenirs heureux, j’avais finalement récupéré mes clefs dans la chambre d’Hetty et j’avais passé du temps chez moi… Ces quatre derniers jours, j’avais fouillé mon propre appartement et… je n’avais pas trouvé grand-chose pour me réconforter. Je n’avais pas encore fini mon investigation, il faut dire que je passais pas mal de temps sur chacune des choses que je trouvais. Des flashs m’étaient revenus, mais ils étaient si courts qu’ils étaient semblables à des photos. Une seconde où Nigel riait pour une raison que j’ignorais, une autre où Hetty me félicitait pour je-ne-savais-quoi, Linus qui ronchonnait… Ces flashs étaient trop courts pour que je les appelle souvenirs, ils n’étaient que des images sans histoire, malheureusement. À croire que j’étais condamnée à me souvenir que de choses mauvaises… J’étais finalement tombée sur une photo cachée dans un tiroir sous des papiers que je n’avais pas encore lus. Cette photo m’avait donnée envie de sortir, et de voir la personne qu’elle avait immortalisée.

J’avais croisé Nigel par hasard, et je lui avais demandé de me déposer à la réserve pour y retrouver la dite personne. Depuis mon accident je n’avais plus de moyen de locomotion, je fais sans, puisque je n’avais jamais eu de voiture et que ma moto… et bien autant le jour de l’accident personne n’aurait su dire qui de la moto ou de moi s’en était le mieux sortie, autant aujourd’hui il était clair que j’étais la mieux portante. J’avais laissé un baiser fraternel sur la joue de Nigel avant de le laisser vaquer à ses propres occupations, puis j’avais pris le chemin qui me conduirait à lui… Et je l’avais trouvé là où j’espérais le voir. À l’extérieur du garage, profitant du soleil, à retaper une moto… depuis l’accident je ne suis pas remontée sur une moto, je n’y ai même pas songé. Et depuis que je me souviens, j’ai même tendance à croire qu’on ne me verra jamais plus sur une moto. Pourtant j’aime toujours ça, mais peut-être que ce souvenir est bien trop sordide pour que je passe outre… Je n’ai parlé de ça qu’à Peter, et aujourd’hui il a disparu… J’ai songé à en parler à Hetty avant qu’elle ne se fasse arrêter, et finalement je ne peux pas le faire, alors sûrement vais-je garder ça pour moi… ou peut-être que je pourrais en parler à Chris qui, lorsqu’il me voit, me tend un sourire qui provoque aussitôt le mien. Peu de gens peuvent se vanter de provoquer cela chez moi, mais Chris peut.

Chris me tend une bière que j’accepte volontiers. La phrase de mon médecin qui me dit que je dois faire attention à toute forme d’excès maintenant que je n’ai plus qu’un rein se perd dans bien d’autres souvenirs de l’année passée. Une bière ne me tuera pas, si cet accident ne l’a pas fait… quoi que c’en était le but apparemment. Je chasse cette pensée alors que je trinque, un sourire aux lèvres, avec mon amérindien. J’ai tendance à l’appeler ainsi, je ne m’en souviens pas, c’est lui qui me l’a appris. Il m’oblige à me rendre utile en me demandant de lui passer une clef, et je prends volontairement la mauvaise juste pour ce qui va suivre. Il me pointe mon erreur, et m’indique la bonne clef que je prends sans même regarder la boîte, je garde mes yeux sur lui. Et finalement son sourire se dessine, entraînant ainsi le mien. Si cela avait été quelqu'un d'autre, j'aurai probablement usé de mon autre bras. Celui-là, broyé dans l'accident, souffre d'un nombre plus conséquent de cicatrices.

« Tu sais que je le savais, n’est-ce pas ? » Je demande juste pour la forme, s’il réagit ainsi, c’est que bien sûr il sait que je l’ai fait exprès.

Même si je ne me souviens pas de grand-chose – pour le coup je préférerai sûrement rien, tant les souvenirs que j’ai retrouvés sont sordides – j’ai repris des habitudes que j’avais auparavant. Et celle-là est sans conteste une chose que j’aime toujours faire.

« J’ai passé ces quatre derniers jours enfermée chez moi. » Commençai-je. « Je voulais essayer de me souvenir de choses et finalement… j’ai trouvé ça et j’ai eu envie de venir te voir. » Je lui montrais alors une photo, que j’avais sûrement prise, où il semblait tout autant agacé d’être le sujet de tant d’attention, mais aussi content si on en jugeait par le sourire en coin qu’il abordait. Volontairement j’omettais de dire où je l’avais trouvée… pourquoi avais-je caché cette photo ? Pour être honnête, je ne venais pas seulement parce que j’avais trouvé cette photo, j’étais venue parce qu’en la trouvant, j’avais pensé à Chris, et je savais que si j’allais le voir, cette sensation qui ne me quittait plus depuis que ces souvenirs sordides m’étaient revenus allait s’estomper en partie durant le temps que je passerai avec lui.



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MessageSujet: Re: #10 Petite visite à l'improviste [Chris & Terrie] Mar 2 Juin 2015 - 14:45



Petite visite à l'improviste.

  
En te tendant une bière, je me demande comment tu es venue jusqu'ici. Le chemin à pied est long étant donné que la Réserve est située en dehors de la ville et vu la chaleur qui règne depuis ce matin, j'imagine que tu serais arrivée ici quelque peu épuisée. Quelqu'un a du te déposer plus bas. Depuis ton accident, tu n'as visiblement plus mis les pieds sur une moto et je ne sais quoi en penser. Tu as sans doute peur de remonter à nouveau après tout ça et même si je compte t'aider à y retrouver goût, j'irais doucement avec toi pour t'y habituer de nouveau petit à petit. J'ai une motocross dans le garage, une vieille Yamaha et j'avais dans l'idée d'aller sur des chemins sûrs en forêt pour commencer. Toutefois, je ne te l'ai pas encore proposé. Allons-y doucement.
Tu me files la main pour me passer les outils dont j'ai besoin au fur et à mesure. Reise est alangui en plein soleil quelques mètres plus loin et n'a pas daigné bouger de toute l'après-midi si ce n'est une fois pour aller boire dans sa gamelle située plus loin. Pourtant il t'adore et se précipite vers toi d'ordinaire.

- Regarde un peu ce pépère trop feignant pour venir te saluer ... glissais-je avant de te demander de me passer une clé. Tu te trompes d'ailleurs et je te désignes alors la bonne avant que nos regards se croisent. Tu as une façon de me fixer qui parvient à me troubler un instant alors que tu me tires un nouveau sourire, et que je finis par secouer légèrement la tête en lâchant un léger soupir de négation face à cette facilité déconcertante que tu as de me faire ainsi sourire ou même me tirer quelques mots sans trop avoir à me forcer.

« Tu sais que je le savais, n’est-ce pas ? »

La façon dont je te regarde suffit à te donner la réponse. Je suis heureux que tout n'est pas changé entre nous même si certes, beaucoup de choses t'ont échappées sur ton passé. Je me demande comment je l'aurais vécu si tu avais oublié jusqu'à mon existence, et si dans ce cas, j'aurais trouvé bon de venir me refaire une place dans ta vie comme tu l'as immanquablement fais dans la mienne. Très peu de personnes peuvent se vanter en dehors de ma famille de susciter ainsi mon intérêt. Alors sans doute qu'en effet, je me serais rappelé à toi d'une manière ou d'une autre. Je chasse cette pensée alors que tu t'adresses à moi.

« J’ai passé ces quatre derniers jours enfermée chez moi. » débutes-tu. « Je voulais essayer de me souvenir de choses et finalement… j’ai trouvé ça et j’ai eu envie de venir te voir. »

Tu me montres alors une photo sur laquelle je figure, prise il y a quelques temps et pour ainsi dire contre mon gré.

- Quand tu ne me taquines pas avec les mots, c'est avec ton appareil photo ... lâchais-je pour tout commentaire en rappel de ce bon souvenir même si je tire une bouille d'ours mal léché sur le cliché en question. Une expression toutefois trahie par ce léger sourire qu'on peut distinguer au coin de mes lèvres.
Je garde un instant le cliché entre mes mains puis te le tends de nouveau, repensant à tes mots un peu plus tôt.

- Où l'as-tu trouvée au juste ? te glissais-je l'air de te soupçonner de l'avoir cachée, le regard traversé par quelque lueur lubrique volontairement voulue.
Mais je soupçonne toutefois la motivation de ta visite pour quelque chose de plus sérieux. Je ne suis pas le genre de mec qui peut se poser en confident, du moins, ce n'est pas un rôle dans lequel je trouve ma place si ce n'est dans le fait d'offrir mon écoute. Mais là encore, je manque parfois de patience. Disons plutôt que j'accepte qu'on vienne me voir pour passer un bon moment ou se changer les idées quand la personne en a besoin mais qu'il ne faut pas me demander un quelconque soutien orale. Tout le monde sait que je ne suis pas doué pour ça et que je ne ferais vraisemblablement jamais d'efforts là-dessus. Tout ce que je peux offrir, c'est de mon temps et faire en sorte de te changer les idées. Je te désigne toi car soyons francs, tu es la seule avec mes sœurs envers qui je concède ainsi à porter de l'intérêt. Sur le long terme s'entend. Je fais en général bien moins d'efforts concernant les autres et me montre bien moins patient. A noter que même mes sœurs se font parfois envoyer balader lorsqu'elles finissent par me fatiguer. J'ai beau les adorer et vouloir à tout prix les protéger, il y a bien des jours où il vaut mieux me caresser dans le sens du poil ou me foutre une paix royale, mais ça elles le comprennent très rapidement la plupart du temps.

Je te fais un signe en m'écartant légèrement de quelques centimètres de la bécane tout en restant assis sur le sol, abandonnant ma tâche pour t'inviter à t'installer entre mes jambes tandis que je t'y laisse une place. A ton tour ... après tout, cette bécane est pour toi.

Inutile d'en dire plus pour que tu comprennes. Il est temps que tu saches enfin. Et si tu veux qu'elle t'appartiennes, tu dois y mettre toi aussi ta petite touche. Laisse-moi t'apprendre un peu quelques rouages en mécanique. Quoi que tu dois déjà savoir te démerder un peu. Disons alors que c'est pour le geste.

- Tournes encore quelques petits coups à droite et n'hésites pas à appuyer, t’indiquais-je alors que mon souffle court sur ta nuque tandis que j'observe ton geste.

Tu sens merveilleusement bon, comme toujours. Ce parfum est propre à me faire chavirer l'esprit et je te soupçonnes de le savoir ou de t'en rappeler. Je me penche un instant un peu plus encore sur toi et mon bras gauche se poste autour de ta taille tandis que l'autre guide alors ta main pour mieux exécuter le geste. Je crois que c'est la première fois que je dois retenir un tel frisson à ton contact. Tu ne m'as jamais vraiment laissé insensible même si je n'ai jamais rien tenté jusque là mais cette petite décharge électrique que tu viens de provoquer en effleurant ma main dans le mouvement, pour ne pas dire que c'est la mienne qui a été à la rencontre de la tienne, me laisse une drôle d'impression, néanmoins très agréable. Pour retrouver un peu de contenance, je relâche ma prise après t'avoir montré comment faire et garde ma position si ce n'est que je bascule légèrement en arrière pour m'appuyer sur mes bras entre deux gorgées de bière.

- Tu vois, ça va tout seul.



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MessageSujet: Re: #10 Petite visite à l'improviste [Chris & Terrie] Mar 2 Juin 2015 - 16:52

Chris ∞ Terrance
Notre passion va nous nourrir et je vais retrouver le sourire dans le regard de tous les miens…

Quand je le vois enfin après mon périple pour arriver jusqu’à ici, je sens déjà l’apaisement que je suis venue chercher. Mais ce n’est pas la seule chose qui me vient lorsque mes yeux le trouvent enfin. Il y a de nouveau ce sentiment de culpabilité qui vient m’envahir, il aime se rappeler à moi. Chaque fois que je suis face à une personne que j’ai oubliée, j’ai la sensation d’être en faute. Pourtant cette amnésie, je ne l’ai pas voulue, elle s’était imposée à moi à la sortie de mon coma… Je ne me souviens pas des gens, des choses que j’ai vécues avec eux, mais il y a une chose que j’ai malgré tout réussi à conserver. Je sais à qui je tiens, à qui je tenais. Même si mon cerveau n’est plus capable de me dire qui sont ces gens que je côtoie, mon cœur, lui, le sait. C’est une maigre consolation, surtout pour eux, mais c’en demeure une. À mon réveil, Heather a pris le temps de me parler de mon entourage, mais elle n’avait pas mentionné Chris… C’est Sammy qui est venue me parler de lui, et je suis heureuse qu’elle l’ait fait. Mais comme promis, cette petite conversation entre elle et moi restera un secret entre nous. Mais même sans Sammy, mon cœur l’aurait su, comme il a su pour Nigel, pour Heather, Lucinda et d’autres encore. Ma tête les a oubliés c’est vrai, mais pas mon cœur. Et il n’a pas oublié Chris non plus.
Je tends un sourire à Chris à peine est-il dans mon champ de vision. Oui, l’apaisement que je cherche est déjà présent. Sûrement Chris a-t-il déjà eu cet effet sur moi à maintes reprises, et j’espère que ces fois-là me reviendront tôt ou tard, tout comme j’espère qu’il y en aura beaucoup d’autres. Je n’ai pas été des plus joyeuses depuis mon réveil, mais étrangement les mauvaises pensées me quittent quand je peux me délecter de la présence de mon amérindien. J’ai constaté par contre que Reise ne se précipite pas pour me voir, lui qui habituellement est, à l’instar d’Heimdall et Fenrir mes propres chiens, friands de mes caresses. À croire que lui ne se délecte pas du tout de ma présence.

« Je le pardonne pour cette fois, on aura qu’à dire que c’est cette soudaine chaleur qui le rend fainéant. Ou peut-être qu'il est vexé que je ne lui ai pas ramené ses deux meilleurs potes. » Dis-je en regardant le pauvre animal qui semble effectivement bien fainéant aujourd’hui, mais il donne néanmoins l’impression d’avoir compris qu’on parle de lui puisqu’il daigne tourner la tête vers nous, avec un regard l’air de dire « laissez-moi tranquille » ceci dit. Heimdall et Fenrir l'auraient-ils sorti de sa catatonie ?
Finalement je me tourne de nouveau vers Chris et je lui offre mon aide, même si je prends volontairement un autre outil que celui qu’il désirait. Et j’adore le regard qu’il me tend pour répondre à ma question. Un regard à mi-chemin entre « tu es pénible » et « tu as fini tes âneries ? », mais qui traduit tout de même un certain amusement. La réponse à cette question serait certainement non, parce que je crois que je n’aurai jamais fini de taquiner Chris.

Finalement je me décide à lui dire ce qui m’a conduite ici. Ce n’est pas seulement la photo à dire vrai. Je l’ai trouvée un peu par hasard en ouvrant un tiroir. Alors que je la lui tends, je m’explique à moitié. Un bon souvenir probablement, je ne sais pas. Je n’ai que la photo de cet instant-là… néanmoins s’il sourit, même en coin c’est sûrement qu’on passait un bon moment.

« Oh, tu ronchonnes mais regarde, il y a un sourire là sur tes lèvres. » Dis-je pour le taquiner davantage. « Et puis, ça t’aurait atrocement manqué si je n’avais plus été en mesure de le faire. Ce n’est pas la peine de nier, même Sammy le dit. » J'ai très souvent Sammy dans mon camp quand il s’agit d’asticoter son frère, à son grand dam ceci dit. J’essaie d’oublier le gros euphémisme dont j’ai usé dans la phrase précédente, sur la possibilité que j’aurai pu mourir l’année passée. Je reprends la photo que Chris me rend, et je la range alors qu’il me demande où je l’ai trouvée. À croire qu’il lit mes pensées… « Cachée dans un tiroir entre deux dossiers de je-ne-sais-quoi, puisque je ne les ai pas lus. » Non j’ai préféré suivre la pulsion qui m’a prise de vouloir le voir. « Et je me demande vraiment ce qu’elle faisait là. » L’un des ennuis d’être moi, c’est que depuis mon réveil à l’hôpital l’an dernier, j’ai plus de questions en tête que de réponses qui me viennent. Et Chris ne doit pas savoir pourquoi j’ai caché cette photo là… à supposer que je l’ai vraiment cachée et pas qu’elle ait fini dans ce tiroir où là n’est pas sa place par pur hasard.

Je bois une gorgée de ma bière quand Chris s’écarte finalement un peu de la moto qu’il retape pour m’inviter à le rejoindre d’un peu plus près, lâchant par la même que cette bécane est en fait pour moi. Oh… Pour le coup je n’avais pas pensé à ça, mais alors pas du tout. Même si je m’exécute pour venir occuper la place qu’il me fait entre ses jambes, je reste perplexe face à la nouvelle, ou plutôt face à ce qu’elle me fait ressentir. Le temps de faire le tri dans ce tumulte qui m’envahit, je suis déjà à l’œuvre. Être avec Chris ne m’apaise pas seulement… ça éveille quelque chose en moi, lorsque son bras passe autour de ma taille, quand sa main vient trouver la mienne, quand je sens son souffle sur ma nuque glissant le long de ma joue… J’ai l’impression que mon cœur a soudainement frappé de toutes ses forces contre ma poitrine, comme s’il avait cherché à s’enfuir. Mais lorsqu’il s’éloigne de moi, cette chaleur semble me quitter, pour laisser place à un doute concernant la moto. Ce n’est pas tant que je n’en veux pas, en fait je suis sûre que j’adorerai remonter en selle, mais… J’entends Chris me dire que ça va tout seul, je sais qu’il parle de la mécanique présentement, mais c’est autre chose qui me préoccupe. Le souvenir de cette nuit m’est revenu, il a même été le premier, et un autre ennui qu’il y a à être moi, c’est que ce dont je me souviens, je ne peux pas l’oublier… foutue hypermnésie… J’essaie de ne pas me repasser le film de ce que je me refuse à appeler aujourd’hui un accident, parce que ce n’en était pas un, on a cherché à me tuer, néanmoins les images m’arrivent quand même toujours aussi détaillées et précises. Si je déteste l’état dans lequel je suis de ne me rappeler de rien, j’aimerai néanmoins pouvoir oublier, ne serait-ce que ça.

« Tu sais… je ne sais pas si je pourrais… » J’ai beau vouloir chasser ce foutu souvenir, il est là et il passe dans ma tête. Je me vois sur la moto, rentrant à la maison, je passe le carrefour et la voiture me percute... Je sens encore le choc, la douleur, quand je suis percutée quand je glisse sur le sol, quand je le vois repartir après être venu me parler, me laissant pour morte sur le bitume, à me vider de mon sang…
Finalement je laisse la moto tranquille pour me tourner légèrement vers Chris. J’essaie de garder le sourire qu’il m’évoque toujours, mais j’ai un peu de mal. « Je me souviens. » Dis-je seulement, il devrait comprendre de quoi je parle…



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MessageSujet: Re: #10 Petite visite à l'improviste [Chris & Terrie] Ven 5 Juin 2015 - 15:34



Petite visite à l'improviste.

  
Tandis que je contemple la photo que tu viens de me tendre, tu fais une remarque amusante.

« Oh, tu ronchonnes mais regarde, il y a un sourire là sur tes lèvres. » Je t'adresse un regard noir pour toute réponse même si ce n'est là également qu'une taquinerie de ma part. « Et puis, ça t’aurait atrocement manqué si je n’avais plus été en mesure de le faire. Ce n’est pas la peine de nier, même Sammy le dit. »

- J'avoue.

Une lueur malicieuse brille malgré tout dans mon regard alors que je m'efforce de ne pas songer à ce qui aurait pu arriver de pire encore. Et m'efforcer de ne pas y penser inclut me fermer à toute réflexion de ce genre. Je te tends la photo que tu récupères, te questionnant sur l'endroit où tu l'as retrouvée. Cette question semble légèrement te déstabiliser mais ce n'est peut-être qu'une impression. Quoi qu'il en soit, tu m'apprends qu'elle était cachée dans un tiroir entre deux dossiers.

« Et je me demande vraiment ce qu’elle faisait là. »

J'hausse légèrement les épaules même si je me pose moi aussi des questions, puis un instant plus tard, je te fais signe de venir t'installer près de moi en te faisant une place au creux de mes jambes. Les réponses viendront sûrement un jour ou l'autre et puis est-ce vraiment important ? Elle devait juste trainer là, j'imagine.
Installés comme nous le sommes, je perds rapidement toute envie d'échanger à nouveau nos places. Je bois ainsi tranquillement ma bière en m'accordant une petite pause après t'avoir confié une tâche toute simple. J'adore te voir à l’œuvre. Tu es ... non oublie. Le calme serein qui règne un instant te pousse cependant quelques minutes plus tard à la confidence alors que tu m'avoues :

« Tu sais… je ne sais pas si je pourrais… »

- Rien ne t'y force. J'ai entrepris de retaper cette moto en ayant conscience des deux options. Peu importe si tu mets du temps avant de ou même que tu décides de ne plus jamais t'y essayer. Ce ne sera pas perdu. Inutile de dire que je serais là pour t'aider s'il t'en reprends l'envie. Ça tu le sais. Tu sembles plongée dans tes réflexions et une drôle d'expression passe sur ton visage lorsque je me penche sur le côté pour te tirer de tes pensées alors que ta main reste en suspend un instant avec l'outil en main, arrêtée dans son mouvement. Tu te tournes alors finalement vers moi avec un sourire qui semble teinté de mélancolie.

« Je me souviens. » me glisses-tu d'une voix basse et lourde de sens, et je comprends alors aussitôt que tu fais référence à l'accident.

Si je ne me montre généralement pas curieux, là je ne peux faire l'impasse sur les circonstances que je désire connaitre. Pas par curiosité malsaine mais parce qu'un mystère plane autour de ça, je le sens, et il me semble important d'en discuter ou du moins de t'écouter si tu penses que c'est le bon moment pour ça. L'ombre gagne du terrain en même temps que tes paroles alors que le soleil de l'après-midi décline mais je décide tout de même de me relever dans l'idée de nous trouver un coin plus propice aux confidences. Marcher en forêt nous fera du bien et tu pourras ainsi m'exposer ce dont tu te rappelles durant la promenade. Je te tends la main pour t'inviter à te relever et t'entraines avec moi sans t'informer du lieu où nous nous rendons. Inutile de prendre la voiture, nous coupons directement à travers bois en passant par le lac. Reise nous regarde nous éloigner le museau entre les pattes, l'air de nous dire "vous n'allez pas m'abandonner là, tout de même ?". Il semble nous en vouloir d'avoir choisi cet instant pour une balade en forêt à laquelle je sais très bien qu'il ne résistera pas. Et de fait, quelques petites minutes d'hésitation plus tard, le voilà à courir derrière nous pour nous rattraper.

Nous marchons le long de la rive puis nous nous enfonçons ensuite à travers bois. Tu n'es pas encore revenue sur le sujet de tout-à-l'heure. Tu as tout ton temps pour ça. Nous nous arrêtons sur une passerelle qui ouvre sur une autre partie de la forêt. Un endroit que j'affectionne particulièrement pour sa rivière qui dévale la montagne dans un cadre pour le moins impressionnant, et plus encore pour son calme. Peu de gens connaissent cet endroit et s'égarent par ici. C'est en territoire indien pour ainsi dire, et pas mal de gens ont gardé une drôle de mentalité envers mon peuple. Ils craignent sans doute qu'on ne les chasse ou va savoir quoi d'autre. En un sens, ça m'arrange. Cet endroit demeure ainsi secret et donc peu fréquenté.
Tandis que Reise s'aventure plus bas près de l'eau, nous nous asseyons au milieu de la passerelle, les jambes dans le vide. La brise fraiche nous soulage de la forte chaleur et caresse mes épaules nues. Mes bras sont posés à mi-hauteur de la rambarde. Tu te tiens à côté de moi. Tu n'es pas obligée de parler tout de suite, je te laisse choisir. Néanmoins, je pourrais te dire que tu peux très bien choisir de ne plus le faire mais pour une fois, je pourrais bien me voir forcé de te tirer les vers du nez. Magnifique expression au passage ... . Bref, quoi que tu aies à m'apprendre, je sens que quelque chose en moi ne va réellement pas apprécier. Je peux presque sentir l'implication qui me guette vis-à-vis de ce que tu vas me révéler et de ce dans quoi je risque de me laisser embarquer.






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MessageSujet: Re: #10 Petite visite à l'improviste [Chris & Terrie] Ven 5 Juin 2015 - 16:47

Chris ∞ Terrance
Notre passion va nous nourrir et je vais retrouver le sourire dans le regard de tous les miens…

Je ne peux m’empêcher d’avoir un large sourire quand tu me réponds, avare de mots comme à ton habitude. Je ne le nie outrageusement, mais c’est une des choses que j’aime chez toi. Et même si j’en plaisante très souvent, te taquinant avec ce récurent « J’adore ta conversation. » Je te taquine là-dessus, mais soyons honnêtes, je l’aime ta conversation. Tu ne dis jamais plus de mots que ce qui est nécessaire, et depuis que je me suis réveillée amnésique, c’est une chose dont j’ai besoin, même si je ne l’avoue pas. Alors oui, le sourire que je te tends, malgré ton avarice verbale, est large et bien plus que sincère.

Finalement tu m’invites à te rejoindre pour réparer cette bécane, que tu avoues être pour moi. Je n’y avais pas songé, tu m’as vraiment surprise pour le coup. Mais alors que je m’atèle à t’aider à remettre cette moto en état, je me sens obligée de t’avouer que je ne suis pas sûre pouvoir remonter sur une moto un jour. Je sais que j’en ai envie, parce que la passion ne s’est pas perdue avec mes souvenirs… Tu l’avais déjà prévu, bien sûr, et malgré moi, je souris… Mais mon souvenir s’évanouit, parce que les images de ce qui a failli me tuer m’assaillent à nouveau. Je n’ai avoué ce que je sais qu’à Peter, et aujourd’hui il a disparu… j’ai voulu en parler à Hetty mais je n’ai pas réussi, finalement j’en suis arrivée à la conclusion qu’après avoir eu peur de me perdre, je n’ai pas le droit de leur imposer à tous la peur que ça arrive à nouveau… Mais les mots sont sortis malgré moi, sûrement parce que j’avais besoin de le dire, oui je me souviens… J’ai beau essayé, je n’arrive pas à te regarder en gardant le sourire, pas avec les images que je vois encore et encore.

Tu m’offres du silence, je m’en serais doutée, c’est le moyen de communication que tu uses le plus. Mais tu te lèves, tu me tends une main que je saisis et que je n’ai plus tellement envie de lâcher. Mais on finit par se lâcher alors que tu m’entraînes je-ne-sais-où en forêt. Tu as une idée derrière la tête, je le sais bien, tu n’agis jamais sans raison, et j’imagine que tu sais précisément où tu m’emmènes… Alors pour le moment, je garde le silence, je préfère parce que je ne suis pas sûre de ce que j’ai vraiment envie de te dire ou non, et je ne sais pas vraiment comme tu réagiras à tout cela. J’espère néanmoins que cette fois-ci tu m’offriras plus que deux mots, parce que je sais déjà que je vais avoir besoin de ton réconfort. Le long de la rive, je marche à tes côtés, toujours dans le silence, jusqu’à qu’on atteigne la passerelle sur laquelle on s’arrête. Si je parle de ça, je ne suis pas certaine que mes jambes me tiendront, alors nous nous asseyons et laissons nos jambes dans le vide. Je ne suis pas certaine que je vais trouver les mots pour te dire ça. Depuis que je me souviens, j’ai l’infime espoir que ce n’est pas réel… mais je sais que ça l’est…

« Je voulais pouvoir le nier, mais j’y arrive plus. » Je commence par cet aveu, parce que ça fait maintenant plusieurs mois que je sais et que je n’ai rien dit – si ce n’est à Peter, mais c’est aussi parce qu’il était chargé de l’enquête pour le délit de fuite… s’il n’y avait eu que ça… « Je voulais vraiment croire que c’était pas un vrai souvenir, que je l’avais inventé mais… je… à mon réveil j’ai trouvé que l’amnésie était une malédiction et l’hypermnésie une bénédiction. Jusqu’à ce que je me souvienne, et ça s’est inversé. Et parmi tous les souvenirs que je pouvais retrouver, j’ai commencé par celui-là, le plus sordide qui puisse être. Et c’est même pas le fait que j’ai failli mourir, c’est… » Je ne trouve pas vraiment ce que je veux dire. Je sais que le pire ce n’est pas d’avoir frôlé la mort finalement, l’amnésie est un détail aussi maintenant que je sais que mon accident n’en est pas un. Je n’ai même pas conscience que des larmes me montent aux yeux, j’ai du mal à suivre le fil de mes pensées, les mots sortent d’eux-mêmes… « J’veux plus m’en souvenir, je… ne veux pas me rappeler de la voiture qui m’a percutée, je ne veux pas me souvenir des douleurs, de quel os s’est cassé à quel moment, de ce que j’ai ressenti, et je ne veux pas me souvenir qu’il l’a fait volontairement… » Je n’ai pas pleuré quand j’ai raconté ça à Peter, peut-être parce que j’arrivais encore à gérer, mais aujourd’hui visiblement je n’y arrive plus. Ce foutu souvenir me hante… « Ce type… il m’a percutée parce qu’il le voulait, il a… il a arrêté sa voiture, il en est descendu, et il m’a regardée… il m’a regardée me vider de mon sang sur cette foutue route, il m’a dit « Tu n’aurais pas dû lui faire du mal », et il m’a laissée là… toute seule à mourir… » Mes poings se sont serrés d’eux-mêmes, mais j’ai bien senti mon corps entier se crisper… « Et le pire c’est que la question que j’arrête pas de me poser, c’est même pas qui est ce malade pour croire que je méritais une chose pareille, la question qui me trotte dans la tête c’est qu’est-ce que j’ai pu faire pour qu’il pense que je méritais de mourir comme ça… seule, à me vider de mon sang sur le bitume… » Je me souviens de ce que je ressentais à ce moment-là, et je suis certaine que ce sentiment est le pire qu’on puisse ressentir. Je me souviens que j’avais l’impression que chaque battement de cœur était le dernier… Et les battements que je ressens en ce moment même me font mal…


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MessageSujet: Re: #10 Petite visite à l'improviste [Chris & Terrie] Sam 6 Juin 2015 - 10:06



Petite visite à l'improviste.

  
Tout sourire a disparu de tes lèvres depuis que tu as évoqué le fait de te rappeler l'accident, et tu marches à mes côtés dans un silence que l'on partage tous deux sereinement. Nous grimpons à travers bois à un rythme lent, suivant la rivière qui dévale la pente à notre gauche. Le bruit de l'eau roulant entre les pierres est apaisant. Nous atteignons l'un de mes lieux favoris et nous nous y installons un instant, les jambes remuant dans le vide tandis qu'on contemple le paysage en contrebas depuis la passerelle. La hauteur est quelque peu vertigineuse. Cet endroit est vraiment à part, comme coupé du monde. Tout autour de nous, les arbres massifs s'élèvent et leur ombre distille une atmosphère pesante et tout à la fois réconfortante. Mon regard se reporte sur toi alors que tu t'apprêtes à prendre la parole. Je peux presque sentir ce tumulte qui règne en toi à l'idée d'évoquer le sujet. Et je crains le pire face à ce que tu t'apprêtes ainsi à me déclarer.

« Je voulais pouvoir le nier, mais j’y arrive plus. » Ce début d’aveu me fait craindre le pire. J'écoute toutefois attentivement en te laissant prendre le temps de m'expliquer sans te brusquer même si tu tournes quelque peu autour du pot. Chose qui m'agace habituellement étant donné que j'apprécie qu'on s'exprime de façon directe mais en certaines occasions comme celle-ci, il faut savoir se montrer plus patient. Ce que tu as à m'apprendre n'est pas facile à dire, non seulement par sa teneur mais aussi parce que c'est là l'évocation de souvenirs qui te tourmentent autant qu'ils te bouleversent visiblement à leur simple souvenir.

« Je voulais vraiment croire que c’était pas un vrai souvenir, que je l’avais inventé mais… je… à mon réveil j’ai trouvé que l’amnésie était une malédiction et l’hypermnésie une bénédiction. Jusqu’à ce que je me souvienne, et ça s’est inversé. Et parmi tous les souvenirs que je pouvais retrouver, j’ai commencé par celui-là, le plus sordide qui puisse être. Et c’est même pas le fait que j’ai failli mourir, c’est… »

Je te laisse poursuivre. J'aimerais pouvoir faire un geste mais j'ai parfois du mal avec les démonstrations de compassion. Finalement, les mots sortent d'eux-mêmes alors que tu en viens au fait.

« J’veux plus m’en souvenir, je… ne veux pas me rappeler de la voiture qui m’a percutée, je ne veux pas me souvenir des douleurs, de quel os s’est cassé à quel moment, de ce que j’ai ressenti, et je ne veux pas me souvenir qu’il l’a fait volontairement… »

Des larmes glissent le long de tes joues. Je ressens à la fois impuissance, colère et frustration mais si mon esprit est tourmenté par tes propos dont je devine de plus en plus l'issue, mes attitudes elles, restent neutres. Neutres jusqu'à ce que tu ne me dévoiles alors :


« Ce type… il m’a percutée parce qu’il le voulait, il a… il a arrêté sa voiture, il en est descendu, et il m’a regardée… il m’a regardée me vider de mon sang sur cette foutue route, il m’a dit « Tu n’aurais pas dû lui faire du mal », et il m’a laissée là… toute seule à mourir… »

Tu fermes les poings tandis que les miens se serrent à m'en blanchir les phalanges. La tension doit se lire sur mon visage. Je n'écoute qu'à peine la suite alors que je bouillonne intérieurement et qu'un flot de questions s'imposent à mon esprit, lequel je tente de maitriser pour ne pas littéralement exploser de rage devant toi. Mais malgré tout, une partie de cette colère se manifeste dans un élan qui ne manque pas de te surprendre de par sa rare violence alors que j'explose littéralement le morceau de rambarde face à moi. Ce dernier se brise et une partie chute quelques dizaines de mètres plus bas. Rien ne peux me raisonner sur l'instant et je n'ai pas même songé sur l'instant que j'aurais pu te blesser vu comme le bois a explosé sous la force de l'impact et a volé tout autour.
Je devrais t'apporter un certain réconfort mais seules mes interrogations m'obsèdent sur l'instant. Je me redresse et t'attrape dans le mouvement pour t'éloigner du trou dans la rambarde. Te serrer dans mes bras me parait ridicule sur l'instant et je reste juste planté face à toi en te maintenant par les épaules, cédant aux interrogations qui m'empoisonnent l'esprit. On dirait presque que je suis en colère après toi à ma façon de te regarder dans les yeux comme si je cherchais d'avance à t'extirper les réponses.

- A qui en as-tu parlé ?! Ma question ressemble à une accusation; tu ne dois plus rien comprendre face à cette colère qui exulte et tu devais t'attendre à tout sauf à ça. Néanmoins, ce n'est pas ce qui m'arrête dans ma lancée. De quoi tu te rappelles ? Il me faut plus de détails ! Même celui qui te paraitra le moins essentiel. Le genre de bagnole, l'allure du type, sa taille, son timbre de voix, essaye de te rappeler ce genre de détails !

Je ne te questionne pas sur ses propos tout de suite. Je n'y viens qu'après m'être calmé alors que je te serre finalement contre moi de façon quelque peu brutale dans un premier temps. Tu aurais pu ne pas survivre à cet accident, tu aurais pu rester dans le coma ou avoir d'autant plus de séquelles. Séquelles auxquelles tu n'as pas échappées et qui ont leur importance même si ça aurait pu être bien pire. Et ce constat me rend plus malade encore. Je suis littéralement fou de rage. Je veux tout savoir tout de suite ! Je n'arrive même pas à te réconforter et je crains que tu ne traduises mes réactions par de la colère envers toi. Tu dois sans doute être mal à l'aise même si tu connais mon côté emporté. Ou plutôt tu connaissais ... . Depuis ton amnésie, tu ne m'as jamais spécialement revu céder à la colère, il me semble. Je ne sais plus. Quoi qu'il en soit, ce n'est pas important.
Je te fais de nouveau face et plonge mon regard dans le tien. Je ne suis pas du genre à m'excuser, néanmoins je te rassure sur mon emportement.

- Je veux mettre la main sur ce type, tu comprends ? Rien ne me freinera, avec ou sans ton aide.

Plus de tact ne ferait pas de mal mais je n'arrive pas à me raisonner ou me montrer plus doux ou délicat. On s'en est pris à toi et d'autant plus, on a voulu attenter à ta vie. Comment veux-tu que je reste calme face à un tel constat ?

- Jusqu'ici, pas d'autre incident notoire ? Depuis l'accident, il n'y a rien eu ? La leçon ou le but sont trop flous, quelque chose cloche. Ce mec a clairement voulu te mettre hors d'état de nuire, et il ne devait pas s'attendre à ce que tu en réchappes. Il reviendra à la charge. Et il est hors de question que je reste passif face à cette perspective.

Mes mains se placent de chaque côté de ton visage et mes lèvres se posent sur les tiennes dans un geste naturel de réconfort. Je ne réfléchis pas en faisant ça ni ne montre le moindre soupçon de trouble face à ce geste bref, me reportant aussitôt sur ce que je désire encore savoir. Pour un premier baiser, on fait plus romantique mais s'agit-il vraiment de ça ? Je suis déconcerté face à cet élan tout naturel que je viens d'avoir envers toi et comme par protection, je demeure à nouveau aussitôt neutre comme si je n'avais fais là que t'embrasser sur la joue.

- Dis m'en plus sur ce qu'il t'as dit. Tu sais de qui il parlait ? Et à quoi il faisait allusion ?

Je finis par te relâcher les épaules et commence à faire les cent pas. Je suis du genre à difficilement me raisonner lorsqu'il s'agit d'un fait aussi grave. Je n’ai pas de patience pour certaines choses et encore moins lorsqu'on s'en prend aux rares personnes à qui je tiens. Là tout de suite maintenant, je veux foncer dans le tas. Retrouver ce mec et lui faire la peau. Rien ne m'arrêtera. Je vais remuer cette ville jusqu'à lui mettre la main dessus.



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MessageSujet: Re: #10 Petite visite à l'improviste [Chris & Terrie] Sam 6 Juin 2015 - 11:56

Chris ∞ Terrance
Notre passion va nous nourrir et je vais retrouver le sourire dans le regard de tous les miens…

Je ne pensais pas reparler de ça à qui que ce soit. À dire vrai, après la disparition de Peter, je pensais que j’allais garder ça pour moi et que je ne mettrais plus personne dans la confidence. Finalement je n’ai pas tenu, sûrement parce que j’ai bien plus besoin d’en parler que je ne veux bien l’admettre. Garder pour moi qu’on a voulu me tuer, en plus de revivre le souvenir un nombre incalculable de fois dans la journée, est en train de me bouffer de l’intérieur. Pourtant jusqu’à maintenant, j’ai très bien caché mon mal être vis-à-vis de ce sujet. Même face à Peter, lorsque je suis venue lui raconter, je suis restée aussi stoïque que possible, j’ai laissé échapper de la nervosité, mais rien de plus… Cependant ce que tu viens d’entendre en tout premier lieu est vrai, je voulais pouvoir continuer de nier, mais je n’y arrive plus. Et c’est probablement la seule raison qui m’a poussée à t’en parler.

Alors je te raconte comme je peux, parce que j’ai du mal à mettre mes idées en ordre. Je te dis simplement ce qui me passe par la tête, et finalement je me laisse aussi débordée par les émotions qui ne m’ont pas quittée depuis que ce souvenir sordide s’est rappelé à moi. Cela peut s’expliquer facilement cependant, je n’ai pas cherché le moindre réconfort auprès de qui que ce soit, j’ai fait taire ce que je ressentais au maximum jusqu’à que ça m’étouffe. Je ne voulais pas imposer un autre drame à mes proches, et finalement c’est ce que je fais avec toi… et alors que les mots sortent comme ils veulent, je me dis que j’ai tort, je ne devrais pas te raconter ça, je devrais continuer de le garder pour moi… mais c’est trop tard, les mots sortent sans que je ne puisse plus les retenir.

Si j’essaie de contenir mes émotions au maximum, ce n’est pas un franc succès, mais ce sont les tiennes qui explosent finalement bien plus que les miennes. J’ai un sursaut, un mouvement de recul et la respiration qui s’arrête lorsque ton poing explose la barrière. Je suis encore surprise par ta réaction – mais à quoi pouvais-je m’attendre aussi en t’annonçant qu’on a cherché à me tuer ? – quand tu te relèves m’emportant, que je le veuille ou non, avec toi. Tu te tiens face à moi et j’ai l’impression que tu n’as pas fini d’exploser alors que tu me tiens par les épaules en me servant un regard presque accusateur. Ce regard, je n’en ai pas le souvenir mais probablement l’est déjà vu et plus que la rambarde que tu viens de détruire, c’est ce regard qui me dit que j’aurai dû me taire. Quand tu prends finalement la parole, j’ai l’impression d’être accusée d’un quelconque tort…

« Juste à Peter, il… » Je n’ai même pas le temps de finir ma réponse à ta première question que tu en as déjà d’autres qui m’assaillent les unes après les autres. Je ne me souviens pas t’avoir vu ainsi, mais ça a probablement dû arriver. Le fait de ne pas m’en souvenir néanmoins, de ne pas avoir été préparée à ce que tu me sers présentement comme attitude me prend totalement au dépourvu.

J’essaie d’ouvrir la bouche pour te répondre, ne serait-ce que pour finir ma première phrase, mais les mots ne sortent plus maintenant. Je n’irai pas jusqu’à dire que ta réaction me fait peur, mais elle me prend vraiment au dépourvu, et maintenant je suis certaine que je n’aurai jamais dû t’en parler. J’ai l’impression que l’incohérence nous a gagnés, l’un comme l’autre… Encore plus lorsque tu me sers soudainement dans tes bras, d’une manière un peu brutale ceci dit. J’avais raison de vouloir garder tout cela pour moi, parce que je te mets dans un état désastreux à t’avoir raconté cette histoire. Quand je suis sortie du coma, je n’ai pas pu nier le mal que toute cette histoire avait engendré. J’ai vu les regards pleins de larmes, le soulagement de me voir enfin réveillée, la douleur de me savoir amnésique et j’ai pu imaginer tout le reste sans la moindre difficulté. La douleur, la peur, à l’annonce de mon accident, de sa gravité, de mes chances de survie, de mon coma… Je vous ai fait un mal incommensurable, même si je ne l’ai pas voulu. Et je ne voulais pas vous en faire davantage. Mais pourtant c’est ce que je te fais présentement. Te raconter que ce n’était pas un accident te fait souffrir davantage, et s’il n’a jamais été mon intention de frôler la mort pour vous faire à tous du mal, je t’ai délibérément raconté cela. Cette fois-ci, on peut dire que je l’ai fait volontairement…

Tes bras qui m’enlacent et qui me serrent contre toi, même s’ils manquent de délicatesse, me font du bien, tout du moins j’en ai l’impression. Dans cette étreinte, j’ai néanmoins le cœur qui se serre, j’ai la sensation qu’il a du mal à battre, qu’il lutte, comme lorsque je croyais mourir… Je sens aussi le tien, qui bat rapidement et qui tambourine contre ta poitrine et de par notre étreinte contre la mienne aussi. Tu t’écartes finalement de moi, et ton regard fond sur le mien. Ta colère semble être redescendue mais tes paroles ne me rassurent pas pour autant. Mais à quoi m’attendais-je, vraiment ?! Je n’aurai pas dû te parler de cette partie-ci, j’aurai dû m’en tenir à celle qui mentionnait la voiture me percutant et les douleurs que j’ai ressenties… Mais c’est trop tard, je te l’ai dit et ce n’est pas une chose que tu oublieras c’est certain, je ne peux pas compter là-dessus. Tu veux lui mettre la main dessus…

« Chris… » J’aimerai pouvoir arrêter ce flot d’émotions qui t’a submergé, et ce qui en découle maintenant. Mais je n’arrive pas à dire plus, parce que les mots ne sortent plus ni seuls, ni comme je le souhaiterai. Mais j’ai l’espoir que je peux te raisonner… mais je ne suis pas sûre d’y croire vraiment, ou de penser que cela est possible. Tu repars dans des questions, auxquelles je n’ai pas tellement de réponses à t’apporter. Finalement tu me sers le monologue que je me suis déjà fait plusieurs fois. Ce type voulait me tuer, et comme il n’a pas réussi il essaiera probablement de nouveau… Honnêtement, ce n’est pas vraiment ce que je veux entendre, je me suis faite cette conversation toute seule déjà. Et finalement j’arrive à reprendre un peu de consistance – depuis le début je dois sembler à la fois confuse, bouleversée et je ne sais quoi d’autre encore – pour prononcer de nouveau ton prénom, avec plus de force cette fois-ci, sûrement parce que j’espère te faire taire ainsi. « Chris ! »

Tu ne me laisses pas le temps de dire autre chose, tes mains se saisissent de mon visage et tu plaques tes lèvres sur les miennes pour m’embrasser. Si j’étais pour le moins surprise par ta colère, je ne sais même pas comment réagir face à ce que tu viens de faire. Je crois te voir aussi déconcerté que moi face à ce qu’il vient de se passer, avant que tu ne redeviennes neutre en un instant… Pour ma part, il me faut un peu plus que quelques secondes pour me remettre de ça, beaucoup plus même parce que sur le coup je n’entends même pas les mots que tu prononces, reprenant la conversation comme si de rien n’était. Je demeure interdite pendant plusieurs dizaines de secondes alors que tu t’éloignes de moi pour faire les cent pas… Sur le moment, je me sens comme abandonnée et ma culpabilité s’accroît tel qu’elle est en train de m’oppresser davantage que d’avoir gardé tout ça pour moi…

« J’aurai dû garder ça pour moi… » J’ai lâché ça dans un souffle, un murmure. Je n’ai même pas l’impression de l’avoir dit. J’ai de nouveau les yeux embués, remplis de larmes que je retiens encore. La culpabilité prend davantage de poids au fur et à mesure que les secondes passent, j’ai l’impression qu’elle va m’écraser. Je pourrais te donner une partie des réponses que tu me demandes, j’ai presque toute la scène qui me tourne constamment en tête, je pourrais te donner les mêmes détails que ceux que j’ai donnés à Peter, mais… Je cède finalement à une pulsion qui me jette contre toi, te serrant aussi fort que je peux dans mes bras, et dans un murmure où ma voix se brise, je m’excuse… « Je suis désolée, j’aurai pas dû te le dire… »

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MessageSujet: Re: #10 Petite visite à l'improviste [Chris & Terrie] Dim 7 Juin 2015 - 16:17



Petite visite à l'improviste.

  

Je me doute que mes propos ne sont pas vraiment ce que tu as envie d'entendre, sans compter sur ma réaction, et je comprends très bien lorsque tu élèves alors soudain la voix en répétant une nouvelle fois mon prénom.

« Chris ! »

Plutôt que des mots, ce sont mes lèvres qui viennent à la rencontre des tiennes comme si je cherchais là à étouffer mes paroles ou m'empêcher tout nouveau propos qui ne ferait que plus encore t'enfoncer dans ton mal-être. Toutefois, ceci ne me retient que pour un temps avant que je ne poursuive en faisant fi de ce qui vient de se passer et de ce contact délicieux bien que bref auquel j’ai cédé dans un élan que je n'ai ni maitrisé ni calculé. Tu es troublée. Et moi je suis littéralement bouillant à l'intérieur. Ce flot bouillonnant en moi empoisonne mes pensées et faitt dangereusement vaciller le peu de self contrôle que je parviens encore à garder.

« J’aurai dû garder ça pour moi… »

Ton murmure appelle là encore une vilaine réaction de ma part. Tais-toi. Je m'écarte et semble prêt à quitter les lieux en te laissant derrière moi. Mais tu me rattrapes bientôt en te plaquant contre moi. Tes bras m'entourent de toute leur force sur l'instant alors que je reste impassible face à cette étreinte ou du moins face à ton attitude qui me frustre d'autant plus que l'absence de réponse de ta part. Peu m'importe tes regrets. Le fait que tu penses avoir fais un mauvais choix en te confiant, me reste en travers.

« Je suis désolée, j’aurai pas dû te le dire… »

- Garde tes excuses ! Le ton de ma voix est sec et je me rends alors compte de ma propre attitude. Un soupir passe la barrière de mes lèvres et mes bras t'entourent alors enfin. Apportes moi des réponses, pas de foutues excuses. Peu importe le temps que ça prendra mais fais-le.

Ma voix s'est adoucie mais ma requête n’en reste pas moins ferme. Je veux remettre la main sur ce type et je veux le faire vite. Quand je t'ai dis que tu avais tout ton temps pour te rappeler de ces détails, c'était juste une façon de te conforter.

- Tu peux comprendre que je ne peux pas laisser un pareil acte sans conséquences pour le responsable. Tu sais au fond de toi que je ne t'en veux pas. Cette colère ne t'est pas destinée. Mais je ne peux garder ça en moi sans réagir. Tu devais forcément t'en douter.

Reise se met soudain à japper et coupé dans mon élan, nous nous rapprochons du bord de la passerelle pour regarder en contrebas. Une bande de jeunes de la Réserve s'amusent à lui jeter des branches depuis l'autre rive du cours d'eau et Reise s'amuse à les récupérer sans pouvoir le leur rapporter, ce qui semble particulièrement l’agacer. Ce pourquoi il jappe à tout va. J'attrape ta main pour te guider à ma suite. Le calme est en partie revenu. Nous rejoignons la Réserve aux côtés du chien qui réclame toute notre attention afin que l'on joue avec lui. Il nous ramène même parfois plusieurs bâtons à la fois comme pour s'assurer de ne pas manquer de jeu. L'ambiance est d'autant plus détendue à nouveau entre nous que je m'amuse à lui en lancer plusieurs à la fois dans des directions opposées. Reise ne sait ainsi plus dans quelle direction aller et ça nous fait autant marrer l'un que l'autre en voyant sa bouille déconfite. Je crois qu'on avait besoin de laisser retomber la pression en nous amusant ainsi avec le chien. J'imagine que tout comme moi, tu gardes en tête ce que nous nous sommes dis mais il ne tient plus qu'à toi de rouvrir le sujet lorsque tu pourras m'apporter plus de précisions. Ne joue juste simplement pas avec ma patience. Chercher de mon côté sans le moindre élément risque juste de me rendre d'autant plus irascible.

Le soleil de l'après-midi a définitivement flanché. Je ne me suis pas rendu compte qu'il était si tard vu l'heure tardive à laquelle il disparait en cette période. Je n’ai toutefois pas envie de te ramener en ville et c'est sans vraiment te formuler l'invitation que je te guide dans la cuisine pour commencer à préparer le repas alors qu'il est déjà vingt-et-une  heure passées. En ouvrant le frigo, je constate cependant qu'il n'y a pas grand chose à manger et je t'offre alors deux options. On fait un tour en ville pour prendre de quoi cuisiner ou on prend à emporter. A moins qu'on ne dine à l'extérieur. J’ai bien envie d'un petit resto mais pas forcément à Lewiston. J’en connais un sur la route à quelques kilomètres de la ville. Il s'agit d'un diner typique des années soixante-dix qui est plein de charme et où je t'emmenais parfois avant ton accident. Alors mon ange, c’est parti pour ce fameux diner ?


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MessageSujet: Re: #10 Petite visite à l'improviste [Chris & Terrie] Dim 7 Juin 2015 - 17:51

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Notre passion va nous nourrir et je vais retrouver le sourire dans le regard de tous les miens…

Depuis que ce souvenir sordide m’est revenu, je n’ai pas cessé d’y repenser et de vivre en silence avec ce qu’il m’a fait endurer même si ça m’écrasait… j’ai tenu bon jusqu’à il y a peu. Après Peter, je m’étais jurée que personne d’autre ne saurait, que je garderais ça aussi secret que possible… Sauf que je t’ai tout lâché … le premier qualificatif qui me vient c’est idiote, suivi d’égoïste et d’un autre moins flatteur encore… Si j’avais tant tenu à tester la théorie selon laquelle je ferai souffrir mon entourage en leur révélant la vérité, j’aurai dû choisir quelqu’un d’autre que toi. Enfin non, je n’aurai pas dû tester quoi que ce soit et suivre mon instinct.

Ce souvenir m’a complètement ébranlée, je n’arrive pas à vivre avec. Te le raconter ne m’a pas en rien soulagé, tout ce que ça a fait c’est te mettre dans un état que je n’aurai jamais dû provoquer si j’avais un peu plus réfléchi… J’ai beau ne pas me souvenir du passé, je sais qui tu es et comment tu es. Quelque part, je sais ce que tu ressens à l’annonce de cette horrible vérité, et ta réaction est légitime, du moins je crois. Et même si j’essaie de me dire que ta colère n’est pas dirigée contre moi, c’est tout de même moi qui la prends de plein fouet. D’un autre côté, c’est de bonne guerre, je savais bien que la nouvelle ne te ferait pas sauter au plafond, et pire encore qu’elle déclencherait quelque chose du genre, je ne peux pas m’en plaindre maintenant. Mais j’accuse assez mal le coup tout de même… Tes mots et le ton que tu emploies sont durs, tout comme ton attitude que je jurais être une vengeance de ta part… Finalement mon cœur se serre davantage, à m’en faire mal et au moment où je vais me décoller de toi et probablement prendre la fuite, finalement tes bras m’enlacent… Je pourrais te dire tout ce dont je me rappelle maintenant, mais j’ai l’impression que c’est une idée encore plus mauvaise que la précédente… Et quant à te poser la question de ce que tu feras de ces informations, la réponse me fait peur. Mais c’est certain, je ne me sens pas mieux de t’en avoir parlé, je me sens bien plus mal et j’ai l’impression que ça ne peut pas être pire, quand tu m’assures que ta colère ne m’est pas destinée… Oui enfin, même si elle ne m’est pas destinée, c’est moi qui la subis, et puis je suis certaine qu’au moins une infime partie est pour moi. Autre chose m’a frappée… mais le sentiment que j’en ressors est loin de me plaire et j’essaie de l’enfouir à nouveau, comme tout le reste.

« Je sais… » Les mots sortent d’eux-mêmes, ce que je sais surtout c’est qu’une fois encore c’est à moi de comprendre les autres – ceci dit je sais parfaitement bien que tu es loin d’être le genre d mec qui s’arrête pour comprendre quelqu’un – alors que je me noie dans le myste de ce que je ressens… Et ce brouillard s’épaissit de plus en plus, surtout si j’ajoute ce baiser que tu m’as donné à l’équation de ce que je n’arrive déjà pas à gérer ou comprendre…

Finalement le silence revient entre nous, et quelque part je ne sais pas ce que je préfère subir, ton silence ou ta colère. Le calme est revenu entre nous, même si je dois avouer que je ressens une certaine tension que je n’apprécie pas beaucoup. Au moins le temps du trajet, aucun de nous deux ne s’énerve sur l’autre, et Reise peut profiter de toute l’attention qu’il désire… dire que tout à l’heure il n’a pas daigné se bouger pour venir me saluer. Je demeure dans un certain silence durant tout le trajet, sauf lorsque je vois l’air déconfit de Reise qui ne sait plus quel bâton aller chercher. Un flot d’informations incommensurable est traité par mon cerveau que je ne suis même pas certaine que je comprends ce à quoi je pense, si ce n’est que cela un rapport avec tout ce que j’ai dit et que j’aurai dû taire.

Je sors de ma torpeur seulement quand on est chez toi, et que finalement tu me proposes plusieurs options pour que nous mangions. Le temps de me repasser mentalement ce que tu as dit, je lâche un faible sourire qui s’estompe rapidement. La suractivité de mon cerveau n’est pas toujours facile à contrôler et j’ai dû mal à m’extirper vraiment de mes pensées les plus sombres. « Le restaurant. » Te dis-je enfin. « Mais à une condition. On prend ta voiture. » Je me pince un peu les lèvres pour ne pas sourire, je n’ai pas menti quand j’ai dit que je n’étais pas prête à monter en moto, peu importe que ce soit moi qui la conduise ou non. Cette fois-ci, la tension a vraiment l’air d’être redescendue mais les informations trottent encore dans ma tête, et dans la tienne aussi j’en suis certaine. Finalement nous arrivons à mettre ce sujet de côté tout le temps du trajet, et même du repas. Pour le coup, on dirait presque qu’il ne s’est rien passé dans l’après-midi, alors que je n’oublie pas du tout ce que j’ai dit, ce que tu as dit, tout… De toute façon, je ne suis pas capable d’oublier. Pour moi c’est la première fois que nous venons ici, et parmi toutes les pensées qui me prennent, il y a celle qui me dit que c’est de ce genre de choses dont j’aimerai me souvenir plutôt. Mais rien de ce genre ne me revient, et pour ce qui est du reste, je ne l’aborderai pas dans un lieu public.

Je ne sais pas à quel point l’heure est avancée quand nous rentrons chez toi et sur le trajet, déjà j’ai repensé à cet après-midi, à ce que j’aurai dû taire mais que j’ai dit, et à ce que tu m’as demandé et que je sais, mais aussi à ce que je redoute de t’entendre dire à une question que je n’ai pas encore posée. Oh ce n’est pas la seule, mais c’est sûrement la pire. Finalement nous nous retrouvons dans la cuisine, là où nous étions avant de partir. J’arrive encore à te tendre un certain sourire, un peu faiblard et qui s’estompe finalement. « Deux questions. » Te dis-je simplement le plus sérieusement du monde. À toi seul de me dire si tu veux les entendre, ou si je dois me taire encore, comme tu me l’as aboyé tout à l’heure.

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MessageSujet: Re: #10 Petite visite à l'improviste [Chris & Terrie] Dim 7 Juin 2015 - 20:15



Petite visite à l'improviste.

  

Le faible sourire que tu m'adresses me fait un pincement au cœur. Je regrette d'avoir ainsi laissé le chaos de mes pensées prendre le dessus sur moi. Ça ne servait à rien de réagir avec tant de violence. Même les mots que je t'ai dis me pèsent comme un sentiment amer. La nouvelle est un tel choc que je n’ai rien pu contrôler. Cet accident était censé demeurer un accident et non une telle tentative à ton encontre. Je songe à Peter que tu as mis au courant de l'affaire vu sa place. Il règne là aussi une ombre de mystère là-dessus au vu des derniers évènements. Quoi qu'il en soit, je ne suis pas spécialement homme à éprouver des regrets mais ton expression et la façon dont tu as du t'efforcer de sourire me bouleversent. Je suis parfois trop directe, trop brutale. Je ne compte néanmoins pas changer mais il y a des fois comme avec toi où je devrais au moins tenter de maitriser mes coups de sang. Je tiens définitivement trop à toi pour tout gâcher entre nous sous le prétexte d'un élan de colère. Élan qui n'a somme toute mené à rien de bon ni à d'autres confidences de ta part. Ça t'a au contraire arrêté net. C’est marrant, on dirait qu'on a échangé les rôles. Voilà que je parle plus que toi. Tes silences me déstabilisent au fond. Je crains de ne t'avoir éloigné de moi par mon attitude.

Tu acceptes toutefois mon invitation au restaurant lorsque nous sommes de retour à la maison et que je constate que le frigo est quasiment vide si ce ne sont quelques mets qui ne seront pas suffisant pour deux. Tu imposes toutefois une condition à notre petite virée en demandant à nous y rendre en voiture. J’acquiesce d'un signe de tête. Je ne comptais pas prendre la moto, rassures-toi. Moi qui est imperturbable en certaines occasions et qui ne m'attarde pas sur quelconque prise de tête ou tension, je dois dire que l'appétit n'y est pas lorsque nous arrivons au restaurant. J'ai été trop loin et je n’ai que cette pensée dans la tête. A moi désormais de me rattraper auprès de toi. Le diner se déroule plus ou moins silencieusement. J’ai l'impression de t'avoir ôté ton sourire à tout jamais. Il règne toujours ce chaos indescriptible dans mon esprit, partagé entre mes interrogations, mon désir de recueillir plus de détails et la façon dont je t'ai blessé qui me fait éprouver ces foutus remords dont je ne sais vraisemblablement me débarrasser.

Je ne fais pas attention à l'heure à laquelle nous rentrons. Nous sommes chacun dans nos pensées lorsque nous arrivons devant chez moi. Je désire partager encore un peu de temps avec toi, aussi j'ai soigneusement évité l'option de te ramener chez toi. Nous nous retrouvons dans la cuisine autour de deux coupes de glaces que je viens de préparer. Placé sur un tabouret face à toi, j'observe le mince sourire qui passe trop vite sur tes lèvres. En était-ce vraiment un d'ailleurs ?

« Deux questions. » déclares-tu alors le plus sérieusement du monde.

- Dis-moi ... . me surpris-je à répondre avec une certaine note d'espoir et d’inquiétude mêlées dans la voix.

Pourquoi je me sens comme ça  au juste ? Depuis quand je ressens ce trouble marqué vis-à-vis de toi et depuis quand arrives-tu à me déstabiliser au point que je me sentirais presque un brin intimidé face à ce que tu t'apprêtes à me déclarer ? C'est sans doute ce sentiment de culpabilité que je ressens vis-à-vis de mon comportement de l'après-midi qui m'étreint de la sorte. Tu désirais te confier à moi et j'ai réagi tel un ouragan qui a tout dévasté sur son passage. J'aimerais que tu sois quelqu'un d'autre. Quelqu'un que je n'hésiterais pas à envoyer bouler ou qui m'importerait peu. Quelqu'un qui ne représenterait rien pour moi ou sur qui je serais prêt à mettre une croix. Mais tu es tout sauf ça. Et malgré tout, j’ai réagi comme le pire des enfoirés même si ma réaction se comprend en partie. Il me semble pourtant avoir toujours su me maitriser dans les cas qui nécessitaient une certaine délicatesse. Pourquoi n'ai-je alors pu tout-à-l'heure en faire preuve ?



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MessageSujet: Re: #10 Petite visite à l'improviste [Chris & Terrie] Dim 7 Juin 2015 - 21:02

Chris ∞ Terrance
Notre passion va nous nourrir et je vais retrouver le sourire dans le regard de tous les miens…

Lorsque nous revenons chez toi, j’ai du mal à me décider sur ce que je vais faire… relancer la conversation ou continuer de la taire. Cette question tourne dans ma tête alors que tu nous sers une coupe de glace chacun. Puisque tu m’as rien demandé, j’imagine que tu sais que je vais aimer, alors que moi j’ai des doutes là-dessus aussi. Mais finalement, je relance le sujet, sans être certaine que c’est vraiment ce que j’ai voulu. Tout du moins j’ai relancé le sujet, ou je t’ai donné l’occasion de le faire. Tu peux encore me servir ce dur « Tais-toi », que je n’oublierai pas, comme tout le reste… Le temps d’avoir ta réponse j’ai pris une cuiller de la coupe de glace. Je ne sais pas trop à quelle réponse je m’attends de ta part, quand tu me demandes finalement de te les poser.

Les deux questions que j’ai en tête n’ont rien à voir l’une avec l’autre, même si les deux ont un rapport avec ce qu’il s’est passé dans l’après-midi. Intérieurement, je me maudis toujours autant d’avoir évoqué ce sujet, et cette fois-ci je suis certaine que je tiendrai la promesse que je me suis faite, personne d’autre ne saura que mon accident n’en est pas un. Soyons honnêtes, en parler ne m’aidera pas à aller mieux, parce que je n’oublierai jamais plus ce souvenir, ni ce que j’ai ressenti. Tout me restera à jamais en mémoire, et je n’ai pas d’autre choix que de vivre avec. Le seul choix que j’ai encore, c’est celui de n’impliquer plus personne, de taire à jamais le fait le plus sordide de ma vie (de ce que j’en sais en tout cas). Personne n’aura à supporter ce que je t’ai fait cet après-midi, et tant pis si ça me détruit de l’intérieur…

Pour la première question, je choisis celle dont la réponse me fait peur, et j’espère que j’ai tort. Mais, même si je cherche à me mentir encore et encore, je sais que j’ai raison. Je suis certaine que je connais déjà la réponse à la première question qui me trotte dans la tête, et je cherche le moyen de la formuler de manière la plus neutre possible…

« Si je te disais vraiment ce que je sais, ce que j’ai dit à Peter… Qu’est-ce que tu ferais si tu le trouvais, hein ? »

Je n’ai jamais eu plus envie que tu me donnes tort, mais je suis quasi certaine que j’aurai malheureusement raison. En même temps que cette envie ardente d’avoir tort, je n’ai jamais eu aussi peur d’une réponse… Enfin, jamais… J’ai un an de souvenirs, alors qu’est-ce que j’en sais après tout que je n’ai jamais eu une envie si forte et une peur pareille ?
Je sais comment Peter a réagi, je sais à quoi il a pensé quand je lui ai raconté. Pourtant lui, c’est son travail d’arrêter ce genre de personnes, d’y faire face et la pilule est mal passée. J’ai dans l’idée que Chris a des idées bien plus poussées que celles de Peter, et bien moins de retenue parce qu’après tout lui n’est pas de la police… J’ai croisé son regard, alors ce n’est pas bien compliqué de le comparer à celui de Peter…

Pour ce qui est de ma deuxième question, je vais au moins attendre la réponse à celle-ci. Parce que j’ai peut-être réveillé la bête, et je n’exclue pas d’avoir à subir sa colère une seconde fois, qu’elle soit ou non dirigée contre moi ceci dit, c’est tout de même moi qui la subirai… Peu importe ce qu’il va me servir de toute façon, j’ai relancé le sujet parce que j’étais prête, ou parce que je voulais l’être, et si cela doit nous conduire à une autre engueulade, autant que ce soit maintenant… Pour les conséquences d’une autre engueulade… je ferai avec ? Je dois faire avec tout quoi qu’il arrive, je n’ai pas le choix, je n’ai pas l’espoir d’oublier et de passer à autre chose…

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MessageSujet: Re: #10 Petite visite à l'improviste [Chris & Terrie] Ven 12 Juin 2015 - 8:45



Petite visite à l'improviste.

  
Je crois avoir une petite idée des deux questions que tu t'apprêtes à me présenter. L'une a sûrement à voir avec l'annonce que tu m'as faite tout-à-l'heure et plus particulièrement concernant ma réaction car tu as forcément du tiquer sur sa rare violence et comprendre que je peux ainsi aller très loin. Si je désire autant de détails, tu imagines bien que ce n'est pas par simple curiosité. Il a suffit de quelques secondes pour que tu comprennes toute l'étendue de ma colère et ce, sans avoir à forcément te rappeler de tous les traits de ma personnalité pour savoir alors que me lancer dans pareille entreprise risque de faire des ravages. Ce n'est toutefois pas un choix mais quelque chose qui s'impose à moi. Je ne saurais me mesurer face à un tel acte qui doit trouver pour ainsi dire sa "punition" même si je ne qualifierais pas  tout-à-fait ça de la sorte. Certains y verront une vengeance mais ça va bien au-delà de ça encore.
Je n'ose imaginer les démons et les remords qui te rongent par rapport à cela et je t'en veux sans doute un peu pour avoir ainsi manifesté le regret de t'être confiée à moi sur ce point mais moins que je m'en veux à moi-même d'avoir ainsi réagi.
Quant à ton autre interrogation, peut-être se portera-t-elle sur ce baiser que nous avons échangé et que je n'ai guère eu le temps de savourer. Je t'écoute donc attentivement en vidant tranquillement ma coupe de glace.
Tu accuses d'ailleurs un temps avant de trouver les mots pour formuler ce que tu as en tête et je songe à te rassurer sur mes futures réactions quand tu prends finalement la parole.

« Si je te disais vraiment ce que je sais, ce que j’ai dit à Peter… Qu’est-ce que tu ferais si tu le trouvais, hein ? »

Je repose ma cuillère, écarte la coupe et croises mes mains devant mon visage tandis que mes coudes prennent appui sur la table. Je devine l'angoisse ou plutôt l'appréhension qui se cache derrière cette question. Je pourrais te mentir mais tu dois déjà le savoir au fond et ce serait là un manque de respect qui souffrirait de ma franchise habituelle. J’attrape alors tes mains et mes doigts entourent les tiens au milieu de la table. Mon attitude est plus sereine et posée que quelques heures plus tôt.

- J'ai besoin de savoir qui est cet homme et de comprendre. Une menace continue de planer au-dessus de toi et je veux pouvoir l'écarter. Mon regard rivé au tien est d'une douceur qui lui est bien rare en temps normal. Promis, je ne ferais pas n'importe quoi. Fais-moi confiance, tu veux bien ? Je me penche et dépose un baiser rassurant sur le dos de ta main.

Ai-je besoin de rajouter que je n'aurais pas du réagir si vivement tout-à-l'heure ? Oui sans doute. Et ce, je le justifie alors en appuyant le choc et l'angoisse qui m'ont étreint en apprenant la nouvelle. Tout comme j'appuie sur le fait que même si je suis plutôt du genre sanguin selon divers types de situations dans lesquelles il m'arrive de me trouver, je reste quelqu'un de réfléchi qui sait ce qu'il fait.
Nous terminons nos glaces en continuant la discussion tandis que je me redresse bientôt pour poser les coupes vides dans l'évier contre lequel je me cale après coup pour poursuivre ainsi la conversation alors que tu ne te tiens pas très loin face à moi. Mes jambes balancent bientôt dans le vide alors que je m’assois un instant plus tard sur le rebord du meuble. J'ai envie de t'attirer contre moi et de t'emprisonner dans une étreinte sans fin. Mais tu as encore une question à me poser, laquelle j'attends avec une certaine impatience même si je ne sais s'il s'agira de bon comme de mauvais.


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MessageSujet: Re: #10 Petite visite à l'improviste [Chris & Terrie] Ven 12 Juin 2015 - 12:08

Chris ∞ Terrance
Notre passion va nous nourrir et je vais retrouver le sourire dans le regard de tous les miens…

Je n’étais pas certaine de vouloir ré-aborder le sujet. Je n’aime pas te voir en colère, si je ne m’en souvenais pas jusqu’à maintenant, t’avoir revu dans cet état de rage m’a confirmé que je n’aime pas ça. Mais après tout, c’est ma faute, je n’avais qu’à me taire et je n’aurai pas eu à te voir ainsi. De toute façon, il est trop tard, ce qui est fait est fait.
Ceci dit, la première question que je te pose, je ferais tout aussi bien de me la poser également. Que ferais-je ou que serais-je capable de faire si quelqu’un, qui que ce soit, retrouvait ce type ? Les souvenirs que j’ai de cette nuit-là ne s’arrêtent pas à sa simple envie de me voir morte. Tout ce que je ressens vis-à-vis de ce dont je me rappelle m’entraîne dans un maelström qui va finir par m’engloutir si je ne fais pas l’effort d’en sortir. Ce n’est pas que je n’essaie pas, mais ne pas pouvoir oublier quoi que ce soit, c’est handicapant… Peut-être que ma mère a raison finalement et que j’ai besoin de parler à un psy…

Je te pose la question, même si je redoute la réponse. Mais quelque part je sais que ce n’est pas ta réponse que je dois redouter, c’est la mienne. Je me refuse à l’entendre, parce que j’ai peur de ce qu’elle sera, j’ai peur de ce que je me crois capable de faire après ce que j’ai vécu, ce que j’ai ressenti, seule sur la route, à me vider de mon sang croyant mourir… Alors peut-être qu’il vaut mieux que je te pose la question, plutôt que je cherche à savoir comment moi je répondrais.
Involontairement je scrute le moindre de tes gestes une fois que j’ai posé la question fatidique. Mon super cerveau enregistre déjà tout sans que je n’ai besoin d’y faire attention, mais j’y fais attention pourtant. La cuillère que tu reposes, la coupe que tu écartes, et tes mains que tu croises devant ton visage en appuyant tes coudes sur la table. Finalement tes mains attrapent les miennes et nos doigts s’entremêlent. Un instant, j’ai une vague de chaleur qui me parcoure, qui me rassure aussi alors que ton attitude n’a rien à voir avec celle sur la passerelle. Mais j’aurai dû me douter qu’à l’annonce que je t’ai faite, tu ne pouvais pas rester serein, il te fallait du temps, comme il m’en a fallu aussi lorsque je me suis souvenue.

J’écoute ta réponse, le regard fixé dans le tien. En même temps que tes mots m’atteignent, ma propre réponse me vient, et je sais d’ores et déjà que tu es plus raisonnable que moi sur le sujet. Je crois que ce souvenir, et cet évènement que je me refuse dorénavant à appeler « accident », je crois qu’ils ont fait de moi une autre personne, une autre Terrance… qu’ils ont réveillé quelque chose dont je n’avais pas idée… Je n’ai pas envie d’être raisonnable comme tu me le promets, je sais exactement ce dont j’ai envie et ça me terrifie de ressentir ainsi cette envie… J’écarte néanmoins cette pensée obscure, autant que je le peux en tout cas pour me concentrer sur toi. Tu me demandes de te faire confiance, et un petit sourire se dessine sur mon visage…

« J’ai confiance. » Même si je ne suis pas certaine de te dire ce que tu veux entendre. J’ai encore besoin d’y réfléchir, sûrement par rapport à mon ressenti et à ce dont j’ai envie, peut-être besoin, pour ce type… Ceci dit, si Peter ne l’a pas trouvé avec les moyens de la police, je ne sais pas si quelqu’un le trouvera… Mieux vaut que ça ne soit pas moi en tout cas…

Tu t’expliques sur ta réaction tout à l’heure, mais tu n’as pas vraiment besoin de le faire. Je ne t’en veux pas vraiment, c’est à moi que j’en veux, parce que c’est moi qui t’ai mis dans cet état, c’est moi qui t’oblige à vivre avec l’idée que quelqu’un essaiera peut-être de me tuer encore une fois, même si l’année écoulée n’en laisse pas présage… Et je me demande, ne t’en ai-je pas trop dit déjà pour ne pas aller jusqu’au bout ?
Tes doigts lâchent finalement les miens, et j’ai l’impression que ce n’est pas ce que je voulais. Néanmoins nous terminons nos glaces et je te laisse finalement débarrasser alors que la conversation a fini par s’arrêter. Je n’ai pas encore posé ma deuxième question, mais je ne sais pas si je dois le faire… Je laisse un silence quand tu te diriges vers l’évier contre lequel tu t’appuies avant de t’asseoir dessus, alors que je me pince les lèvres de mon côté, comme si j’allais m’interdire de poursuivre… Mais mes lèvres bougent toutes seules, et contre ma volonté j’ai l’impression…

« Pourquoi tu m’as embrassée ? »

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MessageSujet: Re: #10 Petite visite à l'improviste [Chris & Terrie] Ven 12 Juin 2015 - 18:55



Petite visite à l'improviste.

  

Alors que tu confirmes pouvoir placer ta confiance en moi, j'ai le sentiment de te trahir. Si j'ai promis d'être raisonnable, c'est en partie pour te rassurer mais une fois face à ce type, je ne suis pas certain de savoir me gérer. Tout ce qui me trotte en tête est le désir de lui faire payer de sa vie ce qu'il t'as fais. Rien ne justifie qu'on cherche ainsi à attenter à ta vie quelque soit le mal que tu aies bien pu faire. Encore un doute mystérieux sur lequel il serait nécessaire de lever le voile. Je demeure neutre malgré ces pensées et tente de ne pas laisser la rage que j'ai à envisager d'avance la façon dont je démolirais ce type, se traduire sur mes traits.
Tu as toi aussi l'air dans tes réflexions. Ce à quoi je tente surtout de ne surtout pas penser également, c'est le sentiment lié à ta perte lorsque je craignais que tu ne réchappes pas du coma. C'est là l'élément déclencheur principal du volcan qui gronde en moi, prêt à exploser. J’ai déjà perdu des proches, et pourtant même la disparition de ma mère ne m'a pas touché comme la simple évocation de ta perte est susceptible de me bouleverser tout entier.

Je crains un instant après cette conversation que tu ne trouves plus le courage de me faire part de ta seconde interrogation mais alors que je suis installé sur le rebord de l'évier en grès, tu adoptes une petite moue craquante en te mordillant la lèvre et puis finalement tu te lances enfin.

« Pourquoi tu m’as embrassée ? »

Je te regarde droit dans les yeux avec une petite lueur de malice, tendant une main vers toi pour t'inciter à te rapprocher, laquelle je glisse dans tes cheveux sur le côté droit de ton visage alors que je te souffle ces mots sans même y réfléchir.

- Pour les mêmes raisons qui me poussent présentement à récidiver.

Ces mots sont un murmure à ton oreille alors que je t'ai attiré à moi en te faisant une place entre mes jambes et que mes lèvres retrouvent alors le doux contact des tiennes. Cette fois-ci, c'est un baiser d'une infinie douceur que je partage avec toi et le plus sûr témoin de toute l'affection que j’ai pour toi. Plus encore sans doute mais je ne préfère pas y penser ou y réfléchir tout de suite. Je désire juste me laisser aller à ce que j’ai longuement désiré sans jamais comprendre ce qui m'a poussé à m'y refuser jusqu'à maintenant. Mon autre main libre rejoint la tienne et nos doigts s’entrelacent avec une certaine force, comme si je craignais que tu ne t'éloignes. Tu n'es pas qu'une source de désir pour moi. Tu n'es pas un craquage fugace. Tu es tellement plus et c'est sans doute par crainte de voir ceci échouer que jusqu'ici, je ne m'étais encore jamais lancé. Ou tout bonnement parce que le moment n'était pas venu. Le charme opérant entre deux personnes a parfois besoin de se distiller sur de longues années pour pouvoir en savourer toute l'ampleur et toute l'intensité. Un peu comme on déguste un bon vin qui a murit un certain nombre d'années et qui ne s'en révèle ainsi que plus savoureux.


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